23 novembre 2015

Phobos, t.1 : Les éphémères - Victor Dixen

   Si on m'a déjà fait la remarque que mes lectures pouvaient être peu communes, il y a des fois où, à force de voir un roman ou une série récolter un succès certain auprès d'autres blogueurs, je cède à la curiosité et me plonge dans un de ces sujets de furie collective. Ce fut le cas avec Phobos et si, malgré le nom emprunté à l'une des deux lunes de Mars, il ne s'agit pas d'un coup de foudre total, les bonnes surprises ont été au rendez-vous.





Genre : Dystopie/Thriller
448 pages
Parution : 11 juin 2015
Editions : Robert Laffont


SIX PRÉTENDANTES. SIX PRÉTENDANTS. SIX MINUTES POUR SE RENCONTRER. L’ÉTERNITÉ POUR S'AIMER.

ILS VEULENT MARQUER L'HISTOIRE AVEC UN GRAND H.
Ils sont six filles et six garçons, dans les deux compartiments séparés d'un même vaisseau spatial. Ils ont six minutes chaque semaine pour se séduire et se choisir, sous l’œil des caméras embarquées. Ils sont les prétendants du programme Genesis, l'émission de speed-dating la plus folle de l'Histoire, destinée à créer la première colonie humaine sur Mars.

ELLE VEUT TROUVER L'AMOUR AVEC UN GRAND A.
Léonor, orpheline de dix-huit ans, est l'une des six élues. Elle a signé pour la gloire. Elle a signé pour l'amour. Elle a signé pour un aller sans retour...

MÊME SI LE RÊVE VIRE AU CAUCHEMAR, IL EST TROP TARD POUR REGRETTER.


   Ayant été bien plus séduite par ce roman que je ne m'y attendais, je préfère passer rapidement sur les points négatifs, histoire que nous soyons débarrassés des quelques inconvénients du récit pour nous concentrer sur ce que je trouve toujours plus intéressant dans une chronique : ce qui fait que l'oeuvre nous a plu. S'il n'est pas question de pondre des éloges sur tous les livres que l'on a lus, je ne comprends pas trop la démarche qui consiste à maximiser les mauvais aspects d'un roman au point de le faire passer pour un torchon qu'il n'est pas forcément. Mais peu importe. 
   En ce qui concerne Phobos, j'ai moyennement apprécié les détails scientifiques très vagues, en particuliers ceux concernant la structure de la fusée et son mode de lancement. Je sortais tout juste de l'Odyssée de l'espace, saga dans laquelle non seulement tous ces détails abondent, mais sont en plus présentés de façon plus adaptée à un public adulte possédant au préalable des connaissances de base  en astronautique, ce qui n'est apparemment pas le cas pour les lecteurs de Phobos - du moins d'après l'auteur. Après tout, notre culture est imprégnée de science-fiction, notre culture scientifique est enrichie à travers les cours dès un âge précoce, à tel point qu'il paraît difficilement envisageable qu'un/e adolescent/e d'aujourd'hui n'aie pas la moindre connaissance en sciences. Les schémas explicatifs m'ont paru en ce sens un peu superflus si Phobos s'adresse à un public de jeunes adultes. Il en est évidemment tout autre si cette série se tourne plutôt vers un public beaucoup plus jeune. 

     Voilà pour les quelques aspects qui m'ont rebutée sans pour autant ralentir ma lecture frénétique de ce roman que j'ai englouti en quelques jours. Les dilemmes de Léonor concernant le choix de son partenaire ne sont pas parmi les choses que j'ai trouvées les plus intéressantes dans ce roman, mais là, il ne s'agit que de moi, puisque après tout, il est question pour nos héros de dénicher un partenaire pour le restant de leurs jours. Et les rencontres, qui rythment le roman, deviennent peu à peu assez agréables à suivre : le lecteur se prend au jeu comme les millions de téléspectateurs de Genesis, il est tout autant qu'eux avide de savoir comment les préférences des différents prétendants évoluent. Il était donc nécessaire que la question de qui, entre les six garçons, était le plus attirant aux yeux de notre personnage principal, tienne une place centrale dans le récit.  Ne vous fiez cependant pas à l'accroche un peu trop facile du résumé : Léonor veut bien moins "trouver l'amour avec un grand 'A' " que marquer l'histoire, s'échapper de son enfer à tel point qu'embarquer pour un aller simple sur une autre planète lui paraisse presque aller de soi. 
   Que les réfractaires aux amourettes d'ados se rassurent donc : le point fort de Phobos est qu'il ne se limite pas, et de loin, à cela. Le thriller prend rapidement le pas sur les considérations romantiques des ados ; d'ailleurs, le presque sous-titre "Il est trop tard pour regretter" met, avant même que nous ayons entamé la lecture, l'accent sur les dangers qu'encourent nos innocents apprentis astronautes. Pas de suspense de ce côté-là : l'aventure mise en place par le programme Genesis, la multinationale s'étant offert la NASA, n'est pas le voyage idyllique auquel les spectateurs et les douze jeunes adultes s'attendent. Reste à savoir quelle forme prendra le danger, et je reconnais très volontiers à M. Dixen qu'il a su nous surprendre de ce côté-là. 
    Autre bonne surprise, le rythme est habilement contrôlé par l'alternance de "champs" et "contrechamps". Cette idée de s'approprier le vocabulaire télévisuel ajoute à la sensation que quelque chose se prépare, qui échappe à la compréhension et au contrôle des héros, que le lecteur a, lui, la chance de découvrir au fil des chapitres s'enchaînant habilement. De manière bien pensée, Victor Dixen nous force plus avant à prendre le rôle des téléspectateurs, tout en nous permettant d'entrer dans l'univers de Léonor, sans oublier de n'égrener qu'au compte-goutte les informations cruciales nécessaires à la progression du récit. 

   Phobos est une belle trouvaille qui ne me fera pas regretter mon incursion dans la littérature young adult, que j'ai - peut-être à tort - tendance à négliger. Alterner les points de vue permet au récit de ne pas s'essouffler, ce qui aurait peut-être été le cas avec une présentation des événements du seul point de vue de Léonor. Là, Victor Dixen favorise le lecteur en lui donnant l'accès aux coulisses de l'émission Genesis, à l'envers (très sombre) du décor.
   Un page turner qui m'aura à la fois donné envie de poursuivre la série, mais également de me plonger dans l'univers de cet auteur que je viens seulement de découvrir.

22 novembre 2015

L'Odyssée du temps, t.1 : L’œil du temps - Arthur Clarke et Stephen Baxter

    J'ai commencé à vous parler de ce roman il y a un moment déjà, englouti immédiatement après avoir terminé l'Odyssée de l'espace - une saga plutôt controversée, qui a laissé certains lecteurs  mitigés. Pour ma part, elle restera de ces séries qui vous marquent pour les très bons moments de lecture qu'elles ont représentés. Il semblerait que l'Odyssée du temps suive le même chemin, même si je l'avoue, mon avis est biaisé par le fait que cette trilogie soit le fruit d'une collaboration entre mes deux chouchous, Arthur Clarke et Stephen Baxter





Genre : Science-fiction
Titre original : Time's eye
476 pages
Parution : 2004
Pour la version française : 2010
Traduction : Luc Carissimo
Edition : Bragelonne - Milady





 En un instant, une force inconnue a morcelé la Terre en une mosaïque d'époques, de la préhistoire à l'an 2037. Un gigantesque puzzle qui résume l'évolution de l'espèce humaine. Depuis, des sphères argentées planent sur toute la planète, invulnérables et silencieuses. Ces objets énigmatiques, issus d'une technologie prodigieuse, sont-ils à l'origine de ces bouleversements? La réponse se trouve peut-être dans l'antique cité de Babylone, dont proviennent des signaux radios... Une poignée de cosmonautes et de casques bleus sont jetés dans cette situation incroyable, les uns dans l'armée d'Alexandre le Grand, les autres aux côtés des hordes de Genghis Khan! Tous convergent vers Babylone, déterminés à connaître son secret... et accaparer les pouvoirs qu'elle possède. Mais une puissance mystérieuse observe les deux armées, attendant l'issue de la bataille...

    Le titre de ce premier tome a manifestement été inspiré par un extrait de poème de Rudyard Kipling (l'auteur entre autres du Livre de la jungle), à en juger par la citation présente en guise d'introduction. Mr Kipling qui fait justement partie des guest stars de ce roman, présent dans la région de l'Inde du XIXè siècle. Et puisque nous en sommes à évoquer les célébrités choisies par Clarke et Baxter pour figurer dans cette histoire, retrouver comme promis par le résumé Alexandre le Grand et Genghis Khan a été un assez grand moment et un des points forts de ce récit. Cependant, il aurait peut-être été plus intéressant de ne pas dévoiler dans la quatrième de couverture le fameux face-à-face Khan/Alexandre le Grand qui, dans ce résumé, sonne un peu comme la rencontre entre deux grands méchants de blockbuster hollywoodien. 
     Les époques n'étant pas celles vers lesquelles je tourne généralement mon intérêt, j'ai pu découvrir le mode de vie des mongoles du XIIè siècle en même temps que les Indes du XIXè, tout comme j'ai exploré le monde méditerranéen avec les troupes d'Alexandre le Grand.  Le voyage a été rendu d'autant plus agréable qu'il était parsemé de détails fournis par les recherches de messieurs Baxter et Clarke.
    Outre les figures historiques, l'équipage de la navette Soyouz et les passagers du Little Bird (hélicoptère des casques bleus de 2037) ont à une exception près faits d'excellents compagnons de route à travers l'espace et le temps.  Si j'ai très vite compati aux sorts des américains Bisesa, Casey, et Abdelkadir et de leurs contemporains russes Kolya et Moussa, les excellents pilotes du Soyouz, la troisième passagère de la navette, Zabel, m'a exaspérée depuis le début, et cette impression ne s'est démentie à aucun moment. J'aurais pu détester Genghis Khan, mais c'est elle qui a tenu pour moi le rôle de ce personnage qui nous insupporte dans toutes ses paroles et actions. 

     Outre des personnages auxquels on s'attache très rapidement, parmi lesquels deux femmes-singes qui auraient pu appartenir au clan de notre Guetteur de Lune héros de la première partie de 2001, nombreuses sont les similitudes entre les deux Odyssées. Les deux auteurs décrivent cette Odyssée du temps comme un orthoquel, comprendre : une autre histoire, "qui développe des prémisses similaires dans une autre direction". Comme s'ils avaient voulu tenter une autre version de la saga d'Arthur Clarke. Pari réussi, tant cet Œil du temps reprend les plus brillantes idées de l'Odyssée en les réarrangeant, histoire de nous montrer une fois de plus que les ressources des deux monstres de la SF sont inépuisables. Les mystérieuses sphères planant sur la surface de la Terre, réduite à un patchwork de différentes époques? Elles ne sont que les sœurs des monolithes de la saga d'Arthur Clarke, à ceci près qu'elles paraissent bien plus menaçantes que leurs confrères, parce que bien plus nombreuses. Quant aux mystérieuses entités qui les commandent, nul doute qu'elles sont les mêmes qui ont transformé Dave Bowman à l'issue de son voyage vers Jupiter, bien que leurs intentions soient plus obscures encore...
   Si j'ai eu peur de me retrouver coincée avec un remake raté de l'Odyssée de l'espace en découvrant le résumé, mes appréhensions se sont vite envolées à la lecture de ce roman qui a su me tenir en haleine. Reprendre les grandes idées d'une série aussi importante pour la SF est une tentative très risquée, mais l'Œil du temps se démarque en nous faisant voyager sans ressentir le besoin de nous faire dévorer les millions de kilomètres d'un bout à l'autre du système solaire, Babylone remplaçant Jupiter et son satellite Europe comme lieu central du récit. La désorientation est totale et nous ne pouvons que partager la confusion des personnages, si brutalement confrontés au remaniement sauvage de leur monde. 
   Bien que la fin m'ait laissée un peu perplexe avec son goût de résolution trop simple, je suis curieuse de découvrir la suite de cette saga. 

14 novembre 2015

Hommage

    Ce blog n'a pas la moindre ambition politique. Je l'ai créé pour parler avant tout des choses que j'aime. Mais parce que c'est mon espace, je vais aujourd'hui parler de choses qui me font horreur, je veux partager ici ce que je ressens face aux événements qui ont eu lieu hier à Paris. Face à ma peur des attentats, parce que j'ai l'impression qu'ils se produisent de plus en plus souvent, mais surtout face à ma peur des idées que peuvent avoir certaines personnes. Des idées qui peuvent amener des gens à se détruire en emportant des innocents avec eux. Des idées qui vont conduire d'autres personnes à renforcer leur identité nationale tout en stigmatisant  des populations, des groupes culturels. 
    Les messages de soutien sont la meilleure réponse que l'on puisse apporter à ces horreurs. Pourtant, j'ai peur quand je lis "#jesuisparis" : s'il y a une chose que l'on doit retenir des attentats, c'est qu'ils touchent n'importe qui. Pourquoi alors apporter notre soutien en tant que citoyens d'une nation?? Les trois jours de deuil qui vont suivre doivent pour moi relever du deuil mondial, et non pas national. Parce que les messages de soutien affluent de partout dans le monde, parce que nous sommes tous touchés par de telles choses, parce que nous sommes tous déchirés entre la peur et la révolte. Parce qu'au vu du nombre de victimes d'hier soir, je doute que toutes ces personnes aient été françaises. Soyez prudents dans vos idées. Faites attention à ce que vous transmettez en ce moment même aux enfants, qui recherchent auprès de vous des explications pour ce drame. Dites-leur que ce n'est pas  seulement Paris qui a été touchée, ce n'est pas seulement la France. Il faut qu'on apprenne plus que jamais à voir bien au-delà des identités nationales. 
 
    N'oublions jamais non plus que la culture et le savoir sont nos meilleures armes contre le terrorisme. Ces événements doivent nous aider à nous ouvrir sur le monde au lieu de fermer nos frontières, à ouvrir nos esprits au lieu de les fermer.

12 novembre 2015

Trois oboles pour Charon - Franck Ferric

   "Le plus grave des outrages est l'hybris, l'orgueil démesuré qui fait croire à l'homme qu'il égale les dieux, et nombreux furent ceux parmi tes semblables qui s'en rendirent coupables par ta faute. Hadès était furieux."

    Je l'ai évoqué dans mon bilan du mois d'Octobre : ce livre est un coup de cœur, et je l'avais décidé alors que j'avais à peine atteint la moitié du roman. 







Genre : Fantastique, Mythologie
301 pages
Parution : 16 oct. 2014
Editions : Denoël/Lunes d'encre







Pour avoir offensé les dieux et refusé d'endurer sa simple vie de mortel, Sisyphe est condamné à perpétuellement subir ce qu'il a cherché à fuir : l'absurdité de l'existence et les vicissitudes de l'Humanité. Rendu amnésique par les mauvais tours de Charon - le passeur des Enfers qui lui refuse le repos - Sisyphe traverse les âges du monde, auquel il ne comprend rien, fuyant la guerre qui finit toujours par le rattraper, tandis que les dieux s'effacent du ciel et que le sens même de sa malédiction disparaît avec eux.

" "- Et bien finissons-en! Sacrifions au rituel. Je te demande : trois oboles pour le Passeur, ou une éternité de langueur?[...]
- Je n'ai d'autre richesse que cette pièce sur mon œil borgne, que je ne peux pas retirer. Et tu le sais.
- Oui, je le sais. Mais c'est mon rôle d'exiger l'obole à ceux qui veulent passer, et de refuser le passage à ceux qui ont mais ne donnent rien.
- C'est un rôle absurde.
- C'est le mien. Et il n'est pas plus absurde que celui du maudit condamné à rouler sans fin son rocher jusqu'en haut de la montagne, avant de l'y laisser choir et de recommencer son ascension."
[...]Dans ma chair, je sais avoir déjà vécu cette scène un nombre incalculable de fois. Je hais cet être qui m'interdit de me reposer tout autant que de recouvrer la mémoire. Mais je sais aussi que c'est malgré lui qu'il est mon geôlier, et que cela l'empoisonne autant que le venin d'une vipère."


    Après qu'il ait brûlé son temple et enlevé une des ses prêtresses, Zeus envoie son frère Hadès rechercher le mortel Sisyphe pour l'entraîner dans le Tartare, la région des Enfers où ceux qui ont défié les dieux se voient condamnés à endurer les pires tortures pour l'éternité. Mais dans son orgueil, Sisyphe tente même de déjouer la mort, au point d'être condamné à mourir puis renaître sans fin au milieu de ce que l'humanité a de plus absurde : la guerre.
    J'ai vraiment aimé me plonger dans une histoire ayant l'Enfer - les Enfers, en l'occurrence - comme décor. C'est une imagerie qui m'a toujours séduite pour les possibilités narratives qu'elle offre. Pourtant, les histoires de ce type ont été jusque là plutôt absentes de ma bibliothèque, mis à part le premier volume de la Divine Comédie et l'Univers à l'envers, un roman de Philip José Farmer dont je vous parle bientôt. 
   En plus de l'au-delà, Trois oboles pour Charon m'a offert une sorte de collection de tous les thèmes de la littérature fantastique qui me sont chers : le double (Charon et Sisyphe, les éternels adversaires), les fantômes, et bien sûr les revenants de manière plus générale, en la personne de ce pauvre Sisyphe, condamné à passer d'un monde à l'autre.
    Les chapitres relatant les brefs - mais intenses - passages de Sisyphe dans ce monde des mortels qu'il a tant méprisés constituent des nouvelles, entrecoupées des récits des visites de Sisyphe à Charon, de ses errances dans les Enfers. Ces moments possèdent une atmosphère singulière, l'écriture est particulièrement poétique ; c'est là que j'ai commencé à vraiment apprécier à la fois le roman et le style de l'auteur.  Ils se dénotent des retours à la vie notamment par le fait qu'ils ne possèdent pas, comme les autres chapitres, de localisation précise dans le temps et l'espace ("Sur une plage de sable cendre - Côte du sous-monde"). Ferric nous entraîne à la suite de Charon dans un monde où le temps n'existe plus, dans lequel il oublie, souffre, et tente désespérément de retrouver son identité. Ces morceaux hors du temps, pendant lesquels le condamné erre, sans aucun contrôle de sa situation, nous plongent dans une ambiance tout aussi cauchemardesque que mélancolique.
   J'ai aimé voir comment Charon se jouait de Sisyphe, cette lutte qui n'en finissait pas chaque fois qu'il revenait au royaume des morts, même si j'avais de l'empathie pour lui. Le duel entre les deux rythme le roman, qui prend sens au fur et à mesure que Charon accepte de livrer des réponses à celui qu'il torture.


    La plume de l'auteur parvient à nous bouleverser comme à nous provoquer, en mêlant vocabulaire cru, scènes parfois trop violentes à mon goût et réflexions de Sisyphe sur l'absurdité de l'humanité, des dieux, du monde. Si je n'ai d'abord été que partiellement convaincue par le prologue et le premier chapitre, les errances de Sisyphe aux Enfers m'ont conquise par tout ce qui se dégage de ces passages.
   Trois oboles pour Charon est une belle réécriture, dont je suis ressortie sonnée. 

10 novembre 2015

3001 : L'Odyssée finale - Arthur C. Clarke

   Nous y sommes : dernière chronique avant que je ne vous présente le premier tome de l'Odyssée du temps. Vous sentez une certaine impatience? C'est normal, tant j'ai hâte de vous parler de ce petit bijou. Pour ceux qui n'auraient pas suivi les articles des premiers tomes de la saga, voici de quoi vous mettre à jour :

Alerte spoilers ! Je vous déconseille la lecture de cet article si vous n'avez pas lu les trois premiers tomes de la série...






Genre : Hard science
280 pages
Titre original : 3001 : The final Odyssey
Parution : 1997
Traduction : Bernard Ferry
    Sur la Terre brillent désormais deux soleils.
    Le réchauffement de la planète condamne les hommes à vivre dans quatre tours baptisées Afrique, Amérique, Asie et Pacifique, hautes de trente-six mille kilomètres, et qui s'élèvent jusqu'à l'orbite géostationnaire. Du 10 000è étage de la tour Afrique, Frank Poole, l'un des astronautes de Discovery, contemple ce monde étrange qui fut le sien et qui n'en finit pas de le surprendre. Il est vrai qu'il vient de renaître à la vie, après mille ans de dérive dans l'espace. Désormais, Frank n'a qu'une idée : retrouver son ex-commandant Dave Bowman, auteur d'un message où il laisse entendre qu'un terrible danger plane sur l'avenir de l'humanité. 

                                                                          

    Cette saga s'achève comme elle a commencé : avec Frank Poole. Etant donné que j'avais cette fois réussi à me préserver des spoilers en évitant très soigneusement de lire la quatrième de couverture, l'effet de surprise a été réussi quand notre pauvre victime de Hal/Carl a soudainement réapparu... après mille ans de dérive dans l'espace. Cet aspect m'a paru un peu tiré par les cheveux, mais : a) je suis plus indulgente envers Arthur Clarke parce que... c'est Arthur Clarke (si, cet argument est tout à fait valable) et b) le monsieur a réussi à justifier ça de façon convaincante, alors que demander de plus? Plus sérieusement, j'ai tellement apprécié voir Poole retrouver le devant de la scène que je ne me suis pas attardée sur ces détails à la lecture, d'autant plus que le sujet de sa redécouverte de la Terre - qui a évidemment bien changé en mille ans - a été traitée sans clichés, et le contexte géo-politique présenté de façon très crédible.
    Le mystère se creuse autour de Dave Bowman, dont Frank Poole tente de comprendre ce qui lui est arrivé, les mêmes questions torturant son esprit que celles auxquelles Heywood Floyd a dû faire face presque un millénaire plus tôt. Dans le même temps, des réponses sont apportées quant aux entités présentées comme des quasi-dieux, leurs motivations, et le rôle joué par Bowman auprès d'elles. 
    Donner à Frank Poole le rôle principal dans ce dernier roman a permis non seulement de donner un sentiment très satisfaisant de boucle bouclée, mais également de se sentir plus proche du dernier personnage central restant de 2001, Dave Bowman ne pouvant plus, dès la fin du premier tome, être considéré comme l'astronaute humain d'origine. 


    Ce roman clôt la série en beauté et sait se démarquer des volumes précédents : pas de millions de kilomètres franchis, un rythme un peu plus lent que celui des premiers romans... ça ne m'a pas du tout posé problème, tellement j'avais envie de faire durer ce dernier tome.

    L'Odyssée de l'espace fera toujours partie de ces séries qui m'auront marquée. Je suis restée totalement enchantée de cette lecture, n'ayant eu aucune difficulté à me plonger dans l'univers des personnages, à partager leurs interrogations. J'aurais adoré la découvrir plus tôt! Le petit - ou plutôt gros - plus qui m'aura aidée à terminer cette série sans être trop nostalgique a été de savoir que l'Odyssée du temps m'attendait ; )

5 novembre 2015

Le tour du monde en 80 bibliothèques #6

    Après notre petite excursion virtuelle à Rio, je vous invite cette fois-ci en Hongrie. Et oui, entre Budapest et la perle roumaine de la quatrième édition, je ne m'éloigne jamais vraiment de l'Europe de l'Est, mais il faut avouer que la fan de Bram Stoker que je suis a un petit faible pour cette région...

La superbe façade...

... et ce n'est que le début!
   C'est donc la bibliothèque métropolitaine Ervin Szabó qui est à l'honneur cette fois-ci. Construite en 1903, elle a été nommée ainsi d'après le bibliothécaire et sociologue du même nom, né en 1877 et décédé en 1918. Il n'est donc pas étonnant qu'elle soit une référence en matière de sciences sociales, tant en matière de recherche que de fonds documentaires.

La salle de travail principale, ou Large Ballroom
   Elle est depuis 1931 partie intégrante du palais Wenckheim, perle architecturale oscillant entre les styles néo-renaissance et néo-baroque, située dans le VIIè arrondissement de Budapest. Construit de 1886 à 1889 et imaginé par l'architecte Artúr Meinig, le bâtiment est une succession de halls somptueux et de pièces aux boiseries ouvragées.

"The smoking room"

   En 2010, le nombre estimé de documents disponibles était d'environ 3 200 000, dont près de 2 400 000 livres et journaux - ce qui constitue une base de données tout à fait conséquente.

Une autre vue de la salle de la Large Ballroom
    Pour le plus grand bonheur des bibliovores, ce petit paradis ne compte pas compte pas moins de 15 salles de lecture - dont une dédiée aux enfants - un café, et un millier de places pour bouquiner confortablement...    Certaines salles peuvent même être louées pour des réceptions!


    Si votre curiosité a été attisée par les photos, je vous invite à visiter le site officiel. 

    Je suppose que vous ne me tiendrez pas rigueur du nombre de photos plus élevé que la moyenne. J'ai été ravie d'en trouver autant, dans la mesure où les photos de certaines des bibliothèques dont j'ai déjà parlé sont généralement assez peu nombreuses. 


    Cet article m'a rappelé à quel point j'aimais ces visites. Il faut avouer qu'avec mes quatre (ou cinq...) chroniques en retard depuis le mois de septembre, j'avais négligé les tours du monde, mais vous risquez de vous voir plus souvent embarqués dans ces voyages livresques ; )

3 novembre 2015

Challenge Back to school : bilan du mois d'Octobre

    Pour rappel, ce challenge est organisé par Be Lecture du blog Lectures en B - il consiste à lire un certain nombre de livres dans plusieurs catégories/genres jusqu'au mois de juin. 
    Entre reprise intensive des cours et du boulot, ce mois d'Octobre n'aura pas été très fructif, mais je m'y attendais un peu. On reste donc pour ce mois-ci encore sur une liste de livres lus relativement restreinte - mais importante au vu du nombre de chroniques à écrire que j'accumule...

Master Of Science :

 L'Odyssée du temps, t.1 : L'Oeil du temps - Stephen Baxter & Arthur C. Clarke
 Cher Jupiter - Isaac Asimov
 Phobos - Victor Dixen 

                                                                  Master Of Imagination :
Le voleur de corps - Anne Rice (en cours)
Trois oboles pour Charon - Franck Ferric (en cours - coup de cœur!)


    Avec trois livres supplémentaires lus, le total s'élève pour l'instant à six livres sur une moyenne prévue de douze pour le master of Science.
    En revanche, les comptes stagnent pour l'instant à deux romans pour la catégorie Imagination mais, avec une découverte comme Trois oboles pour Charon, je viens d'entrer à nouveau dans une phase d'addiction au fantastique - vous risquez de croiser de nombreuses lectures comme celle-ci dans les semaines à venir...

2 novembre 2015

Tag : La séduction livresque

   Vous le savez, je ne manque jamais une occasion de faire des tags tellement j'aime leur côté fou, et je les écris toujours avec plaisir. Mais cette fois-ci, en parcourant les actualités du blog de la bookaholic Kaecilia, je suis tombée sur un petit défi qui semblait tout spécialement fait pour moi : la séduction livresque, initié par La tête dans les livres. Je ne suis apparemment pas la seule bookovore qui s'amuse à user de ce type de métaphore pour parler des livres ; )