27 août 2015

Mark Gatiss : Le club Vesuvius

    Un grand merci aux couvertures racoleuses des éditions Bragelonne qui, après m'avoir permis de dégoter ce superbe exemplaire du non moins superbe Les voies d'Anubis, m'ont menée sur la voie du premier tome des aventures du scandaleux Lucifer Box. Mon imagination débordante et le génie des scénaristes ayant fait de moi un mélange très peu subtil de whovian et de sherlockian - quoique cette dernière addiction soit très récente - je ne pouvais que me jeter avidement sur la production de l'un des principaux contributeurs de ces deux excellentes séries.


Résumé de l'éditeur : 

Portraitiste de talent, dandy, bel esprit, mauvais garçon… et le plus irrésistible des agents secrets de Sa Majesté. Lorsque les meilleurs scientifiques du royaume sont mystérieusement assassinés, Lucifer se lance dans une enquête trépidante, des clubs de gentlemen londoniens aux bas-fonds volcaniques de Naples, tout en déterminant la façon la plus seyante de porter un œillet blanc à sa boutonnière. Une immersion étourdissante dans les arcanes d’un ordre occulte aux pratiques décadentes – et de ses secrets les plus sulfureux.


264 pages
Parution : 2004
Chez Bragelonne : février 2015 


    Mon avis : Comme vous l'avez compris, c'est avec un grand enthousiasme que je me suis lancée dans ce roman que les fioritures dorées façon dix-neuvième de la couverture annonçaient ouvertement comme se rattachant au steampunk. On ne peut même pas reprocher à Bragelonne un abus de publicité mensongère tant Le club Vesuvius réunit avec talent tous les bons éléments caractéristiques de la SF rétrofuturiste : un dandy décadent à la Dorian Gray, une bonne connaissance de la culture victorienne dévoilée ici notamment par des allusions aux meilleurs peintres de l'époque comme Millais mêlées, comme ils se doit, aux références à des écrivains comme Oscar Wilde et H. G. Wells,  ainsi qu'à la culture napolitaine antique, le tout magnifiquement rehaussé de machines à faire pâlir Léonard de Vinci ou les plus grands ingénieurs victoriens. Et de l'humour. Les fans de la série Sherlock sauront désormais d'où viennent les punchlines de l'admirable et haïssable détective.
   
 "Je sais. Je suis un salaud. "

   Ces mots pourraient difficilement mieux décrire Lucifer. Entre insultes faciles sur le physique des personnes qu'il juge moins gâtées que lui, et comportements plus qu'antisociaux - comme les exécutions froides accomplies au nom de la couronne - Mr Box n'entre pas vraiment dans la catégorie des justiciers au grand cœur. Je n'ai pourtant pas pu m'empêcher de l'admirer, tant il est finalement assez plaisant de retrouver des personnages centraux détestables de temps en temps. Il faut lui reconnaître une certaine intelligence et un vrai culot, ce qui rend cette enquête passionnante à suivre, entre rendez-vous "galants" et espionnages.
    L'histoire réserve de bonnes surprises, comme le fait que tout ne se joue pas dans le Londres victorien que la plupart des romans steampunk m'ont donné l'impression de connaître comme si j'y avais moi-même vécu. Les bas-fonds napolitains permettent un changement de décor bienvenu, de même que la petite touche sulfureuse apportée par la sexualité mouvementée de Lucifer. 
    Seuls quelques détails m'ont fait grincer des dents : je n'ai pas aimé les accents (transcrits) de certains personnages comme Delilah ou le vendeur d'opium chinois apparaissant dans les derniers chapitres, que j'ai trouvé extrêmement caricaturaux. Je ne saurais pas du tout dire s'il s'agit des impressions de Lucifer, qui les perçoit de façon exagérée, ou si l'auteur a eu la main lourde, mais j'ai trouvé qu'ils gâchaient un peu un ensemble pourtant très bien écrit. 

     Avec ses 264 pages, Le club Vesuvius est un roman bref, que j'ai dévoré en deux jours à peine. Je n'ai pourtant pas eu l'impression de rester sur ma faim car le récit est pour moi fait pour être court, avec son rythme effréné et son ton humoristique et totalement décalé. Savoir qu'il existe deux suites m'a je suppose aidée à accepter ce format. Me voici donc prête à me replonger dans les aventures de Lucifer Box, avec les tomes The Devil in Amber et Black Butterfly.

     En ce qui concerne de futures adaptations, il semblerait que la BBC serait prête à nous offrir les aventures de Lucifer sur petit écran...  

22 août 2015

Ray's Day


Ray Bradbury est né le 22 août 1920... Quoi de mieux que de choisir le 22 août pour célébrer le génialissime auteur de science-fiction? Je vous propose pour cela de relire l'excellent à l'Ouest d'Octobre et de vous rendre sur la page facebook des Book-a-holics anonymes dans l'attente d'un concours, à l'initiative d'Eolwen du blog Les lectures d'Eole!



Pour patienter, vous pouvez également (re)lire :
  • Le pays d'Octobre
  • Les pommes d'or du soleil
  • Un coup de tonnerre
  • L'homme illustré
  • Les chroniques martiennes
  • sans oublier Fahrenheit 451 ; )



Bonne lecture!

11 août 2015

Thomas Day : Daemone

 

   Inutile de préciser que ce titre a immédiatement attiré mon regard, tandis que la petite allusion en fin de résumé a achevé de me convaincre : Daemone "entraîne son lecteur sur un rythme endiablé et ne le lâche qu'à la dernière ligne : épuisé et conquis." Je ne peux qu'adhérer à ce jugement tant le roman ne laisse pas un seul moment de répit.

Madame de Villeneuve : La Belle et la Bête

   Non, vous ne rêvez pas : je m'apprête bien à vous parler d'un conte aujourd'hui. Pas un conte macabre à l'instar de ceux d'Edgar Poe, ni un conte cruel à la sauce Villiers de l'Isle Adam et encore moins un de ces contes fantastiques dont Hoffmann a le secret. Il s'agit bien du tout innocent La Belle et la Bête - quoiqu'il le soit certainement un peu moins que l'adaptation de Walt Disney.

10 août 2015

John Ajvide Lindqvist : Le retour des morts

   Je n'ai pas (ou plus) l'habitude de lire des romans d'horreur, et c'est sûrement pour cette raison précise que celui-là a suscité ma curiosité. La quatrième de couverture décrivant John Ajvide Lindqvist comme le Stephen King suédois, je me suis dit que cet auteur pourrait être une découverte intéressante, d'autant plus que je lis très peu d'auteurs nordiques. Sans oublier que Guillermo del Toro (patience, Crimsom Peak est dans seulement deux mois) le qualifie de "Poétique, subtil et obsédant" et de "conte glaçant comme vous n'en verrez pas avant longtemps." Il ne m'en fallait pas plus.




Résumé de l'éditeur : 
Stockholm, le 13 août 2002... un orage électrique terrasse les vivants... et fait se lever les morts.
Tous ceux qui ont disparu depuis deux mois reviennent à la vie. 
Dans quel état ? Dans quel but ? 
Au cœur de toutes les familles, l'espoir et l'horreur se mêlent bientôt. 
Inextricablement. 

Titre original : Hanteringen av odöla
363 pages




    Mon avis : Pour compléter le résumé, le récit s'ouvre sur un orage électrique particulièrement violent, au cours duquel l'accent est mis sur la souffrance ressentie par les vivants. Quand bien même on ne lirait pas le résumé, il est évident que cet orage n'a rien de naturel, qu'il est d'une intensité inquiétante et totalement inhabituelle. J'ai trouvé que cela constituait une bonne manière de planter le décor car la tension est réellement palpable : on ne peut s'empêcher de se demander si un événement catastrophique et de très grande ampleur ne va pas se produire dès les premières pages. En réalité, certainement en raison du fait que cet orage et les événements soient centrés sur la région de Stockholm, on est loin d'une impression de tragédie de masse comme dans The Walking Dead par exemple. Par ailleurs, le rythme est rapide sans pour autant être effréné, ce qui laisse le temps à l'auteur de poser les éléments petit à petit. 
    De plus, contrairement à ce que laissent supposer certains avis présents au dos du roman, Le retour des morts n'est en aucun cas une pure fiction d'horreur. Si effectivement certains passages sont plutôt "gore", ils restent justifiés et ne ressemblent pas à de l'étalage de détails répugnants gratuit. Le sujet est traité avec beaucoup de sensibilité, d'autant plus que l'on suit en parallèle le sort de trois familles et le "retour à la vie" de leurs revivants - pour reprendre le vocabulaire du roman. On s'attache donc très rapidement aux personnages et il est très facile de partager les émotions violentes qui les tenaillent dès que le retour des défunts est avéré : l'incompréhension, l'espoir, l'horreur, voire la panique... De manière générale, les situations sont traitées de manière approfondie et non pas comme de simples passages effrayants dans lesquels des cadavres revenus à la vie retournent chez eux.
    Les personnages ont donc une psychologie travaillée et ne servent pas seulement de figurants à terrifier dans le but de faire s'angoisser le lecteur. Les premiers à faire leur apparition, David, sa femme Eva et leur fils Magnus ont tout de suite suscité ma sympathie, en tant que modèle de famille plutôt classique - moyenne classe suédoise - mais réussie. Ils joueront un rôle qui a d'autant plus attisé ma curiosité que leur situation diffère quelque peu de celle des autres familles confrontées au "retour à la vie" d'un de leurs proches, étant donné que la personne en question est décédée pendant l'orage. 
     Elvy et sa petite-fille Flora sont les suivantes à être confrontées à ce retour à la vie. Il s'agit cette fois de Tore, le mari d'Elvy, qui reprend tout naturellement le chemin de sa maison... Trois jours après son décès. Si je me suis vite prise d'affection pour la complicité qui lie les personnages d'Elvy et Flora, j'ai fini par les trouver chacune assez caricaturales. Elvy m'a paru ressembler à un portrait bâclé de femme âgée extrémiste religieuse, tandis que Flora aurait pu être n'importe laquelle de ces ados fan de rock, s'auto-mutilant et en conflit avec ses parents. Bien heureusement, ces impressions désagréables se sont dissipées vers les derniers chapitres, mais j'ai bien failli détester Flora, ou plutôt ce que l'auteur en a fait. De plus, même si son personnage a été un bon prétexte à de multiples références à Marilyn Manson, je ne suis pas sûre que les personnes n'aimant pas ce chanteur pourront apprécier ou même situer les titres et les albums auxquels l'auteur fait allusion, ce qui est un peu dommage. Personnellement, j'ai plutôt aimé, mais j'aurais préféré que l'auteur choisisse un chanteur moins subversif que plus de lecteurs auraient pu connaître/apprécier.
    L'histoire déchirante de Gustav Malher (oui, c'est bien le nom du personnage, comme quoi l'auteur a de sacrées références musicales) et de sa fille Anna est la dernière à nous être dévoilée. Je pense que ce sont les personnages que j'ai préférés, même si paradoxalement, leur histoire est celle que j'ai trouvée la plus triste, avec celle de David, Eva et Magnus. Le fait que le défunt ne soit âgé que de huit ans a réellement achevé d'ajouter une forte émotion dans ce roman. 
     Les trois récits en parallèle permettent de distiller les éléments permettant de comprendre le phénomène au compte-goutte, ce qui a pour moi permis de maintenir une tension très forte tout au long du roman. Je n'ai pas réussi à le lâcher, tenaillée par ce "je-veux-savoir-la-suite" que nous font ressentir les bons romans de suspense. L'autre avantage est que les trois cas sont très différents les uns des autres par l'âge du défunt, le moment du décès, l'histoire de la famille et les relations entre les personnages, la façon de gérer le retour à la vie, ce qui fait que le phénomène a été montré de manière très complète. L'ajout d'extraits de journaux télévisés, d'articles et de comptes-rendus a également permis de donner une impression de réalisme, sans que le roman ne soit pour autant de la science-fiction.
    En clair, il n'y a eu que du positif mis à part l'agacement que j'ai pu ressentir pour Elvy et Flora, mais un autre aspect m'a frustrée : aucune explication n'est réellement donnée quand au retour des défunts, ni sur le fait que seules les personnes décédées depuis deux mois revenaient à la vie. C'est d'autant plus énervant que ce n'est pas ce que me laissait supposer le nombre de pistes fournies par le roman. On nous dit comment, mais pas pourquoi, et c'est plutôt dommage. C'est pour cette raison que je ne classe pas le roman dans la SF ; pour moi ce manque d'éclaircissements le place plutôt dans le fantastique. Il n'empêche que pour moi, il mérite les critiques positives. L'ambiance m'a effectivement rappelé ce que j'ai ressenti en lisant Simetierre, de Stephen King.

9 août 2015

Tag : Would you rather... ?

    Je sens qu'on est proches de battre un record : voici le deuxième tag en à peine trois jours... Celui-ci a été proposé à l'équipe des book-a-holics anonymes par Be Lecture, du blog Lectures en B. Je le trouve d'autant plus intéressant qu'il s'agit de mon premier tag de ce type. 


1) Lire des sagas ou "one shot"?
Hum, on commence avec une bonne question! Ces derniers temps, j'ai très envie de lire des romans relativement courts (c'est à dire comprenant entre 200 et 300 pages...), mais je suis plutôt ravie de voir un univers développé sur plusieurs tomes, voire plusieurs cycles de plusieurs tomes chacun...

2) Lire des auteurs féminins ou des auteurs masculins :
Je ne vois pas vraiment quelle différence le genre peut apporter! J'aime les deux, et j'aime par-dessus tout constater chaque fois que cela ne change rien, que l'auteur soit un homme ou une femme. J'ai autant d'auteurs favoris dans les deux camps, donc...

3) Acheter des livres en librairie ou sur internet?
Il est vrai qu'internet recèle de belles occasions, mais c'est également le cas de certaines librairies près de chez moi, et rien ne remplace le fait de tenir le livre en main avant de l'acheter, d'admirer la couverture sous tous les angles et de feuilleter les premières pages histoire de voir si le style de l'auteur nous convient...

4) Que les livres deviennent des films ou des séries?
Tout dépend évidemment de la longueur du livre, certains gagneraient peut-être à se voir adaptés en séries de quelques épisodes. Mais globalement, un seul film me suffit, j'aime le fait qu'une oeuvre unique reste une oeuvre unique. Cela ne m'empêche bien sûr pas de râler parce que le film n'est pas aussi profond que le roman.

5) Lire 5 pages par jour ou 5 livres par semaine?
Ni l'un ni l'autre, puisque c'est trop peu dans un cas et impossible à tenir dans l'autre... Malheureusement, j'ai passé une année ou j'étais plus proche des 5 pages par jour que des 5 livres par semaine, mais il m'est déjà arrivé de carburer à environ 3 ou 4 romans assez conséquents - c'est à dire de plus de 300 pages - en une semaine, ce qui n'est pas si mal ; )

6) Devenir chroniqueur ou écrivain?
Je n'ai absolument pas les capacités de devenir écrivain - du moins je le suppose, étant donné que je n'ai jamais réellement essayé - et je me définis plus comme une "fan", dans la mesure où je me sens totalement à ma place en tant qu'admiratrice plutôt que productrice d’œuvres. Ce sera donc chroniqueuse!

7) Ne lire que tes 20 livres préférés pour le restant de ta vie ou ne lire que de nouveaux livres?
J'ai plutôt bon souvenir de mes livres préférés, étant donné que je les ai tous lus au moins deux fois. Et dans la mesure où je suis capable de me lasser même des choses culturelles que j'apprécie énormément, comme c'est le cas pour certains groupes de musique par exemple, je préférerais ne lire que de nouveaux livres à condition de garder de bons souvenirs de mes favoris. 

8) être bibliothécaire ou libraire?
C'est une question assez difficile, étant donné que je me suis déjà imaginée faire les deux. Je pencherais plutôt pour bibliothécaire. Dans les deux cas, il est possible de conseiller les clients/visiteurs sur leurs lectures, ce qui serait pour moi un des aspects les plus plaisants de ces deux métiers. L'avantage d'être bibliothécaire serait de moins voir les livres traités comme de la marchandise mais comme des objets de collections qui passeraient d'un visiteur à l'autre. D'un autre côté, ouvrir sa propre librairie doit être fun, non?

9) Ne lire que ton genre préféré ou lire tous les genres sauf ton préféré? 
Est-ce que je peux tricher en considérant les littératures de l'imaginaire comme un seul genre? Dans ce cas, je répondrais sans hésiter que je préférerais ne lire que mon genre préféré. Sinon, la question  est très difficile parce que j'ai un mal fou à départager le fantastique de la science-fiction... Tant pis, on va rester sur la première position : ne lire que mon genre préféré, et je choisis le fantastique. 

10) Livre papier ou e-book?
On termine ce tag avec une question très simple! Les livres papiers, bien sûr. Je n'ai dû lire que deux e-book et je ne possède même pas de liseuse. Je reconnais tout de même que ces outils doivent être très pratiques, mais ils ne me manquent pas réellement puisque j'ai toujours un livre dans mon sac...

   Et voilà, troisième tag terminé! J'espère avoir plus de tags de ce type à faire à l'avenir, j'aime le côté question insoluble... Faites-le également si vous en avez envie, et n'hésitez pas à me laisser en commentaire un lien avec votre article.

6 août 2015

TAG : mes habitudes de lecture

    Ce TAG a été initié par Emeline du blog La bibli d'Emy. Il va falloir que je me rende à l'évidence: je ne peux plus résister à l'envie de faire un TAG.


1) As-tu un endroit préféré pour lire?
Je dirais un endroit assez douillet et dans lequel je sois pratiquement seule. ça peut donc être au choix une bibliothèque peu fréquentée, ma chambre, ou même une salle de classe vide de la fac...

2) Marque-pages ou n'importe quel bout de papier?
Tout dépend de si je lis chez moi ou dans un autre endroit, ce qui impliquerait que je doive transporter mon livre dans mon sac. Dans ce cas, même si j'ai trois très beaux marque-pages, je préfère les remplacer par un bout de papier quelconque pour ne pas les abîmer si je lis ailleurs.

3) Est-ce que tu peux arrêter de lire n'importe où ou attends-tu la fin du chapitre?
ça me fait toujours mal au cœur, mais si je suis fatiguée ou ai un impératif horaire - comme devoir arrêter de lire pour aller travailler, quelle horreur - je me force à arrêter avant la fin d'un chapitre.

4) Est-ce que tu manges ou bois quand tu lis?
J'avais l'habitude de manger des bonbons ou du chocolat, oui, mais j'ai arrêté pour la raison toute simple que lire en tenant le bouquin à deux mains est bien plus pratique - et oui, c'est idiot - et j'ai surtout peur de les tâcher.

5) Multi-tâches, musique ou télévision en lisant?
Surtout pas, j'aime bien le silence et la télévision, surtout, m'empêche de me concentrer quand je lis. Mais un morceau sans paroles à bas volume pourrait très bien être un bon fond sonore pour accompagner la lecture, en guise de "musique d'ambiance".

6) Un livre à la fois ou plusieurs?
Généralement non, même si c'est une vieille habitude. J'ai seulement deux livres en cours, j'estime que c'est un énorme progrès par rapport à mon adolescence où je pouvais en avoir jusqu'à cinq...

7) Lire à la maison ou ailleurs?
Je préfère lire chez moi, le risque d'être interrompue par quelque chose d'aussi futile que l'arrivée du bus/tram est considérablement moins élevé...

8) à voix haute ou dans sa tête?
Dans ma tête, je ne me souviens pas avoir lu à voix haute!

9) Est-ce qu'il t'arrive de sauter des pages ou de regarder un peu plus loin?
Involontairement, oui, quand je perds ma page par exemple. Mais j'ai tellement peur des spoilers que je suis relativement prudente. 

10) Casser la tranche ou la garder intacte?
J'essaie autant que possible de la garder intacte, mais certains romans de mon adolescence n'ont pas bénéficié du bichonnage intensif auquel je me livre avec mes bouquins aujourd'hui, ce qui a amené à quelques désastres...

11) Est-ce que tu écris dans tes livres?
Surtout pas, pourtant j'adore acheter des livres d'occasion et constater que le/la précédent/e propriétaire a laissé ses marques. J'ai une version abrégée du David Copperfield de Dickens qui a manifestement été étudié en cours, et voir les notes de ce/cette L. Bouy de 1922 est un plaisir!


    Voilà pour ce tag. Je vous invite comme d'habitude à la faire s'il vous tente!

5 août 2015

La vieille Anglaise et le continent

     J'ai découvert Jeanne - A. Debats en lisant son anthologie Destination Univers, présentée avec J. C. Dunyach. On reste dans la science-fiction avec ce très bon recueil de neuf nouvelles, conclues par une postface de... J. C. Dunyach. Décidément. La ressemblance avec le titre du roman d'Hemingway Le vieil homme et la mer n'est peut-être pas totalement fortuite, quoique c'est justement la chasse qui est dénoncée dans la nouvelle éponyme. J'ai beau avoir épluché la post-face, je n'en sais pas plus à ce sujet.




Résumé de l'éditeur :

Certaines propositions ne se refusent pas. Même lorsque vous êtes une très vieille eco-warrior acariâtre et à l’agonie, même si l’offre va à l’encontre de tous les idéaux que vous avez défendus pendant des années : le transfert de votre esprit dans un nouveau corps. Mais ce n’est pas n’importe quel corps qui attend Ann Kelvin, c’est celui d’un grand cachalot, un des derniers de son espèce.


374 pages






Sommaire :

1. La vieille Anglaise et le continent
2. Aria furiosa
3. Saint Valentin
4. Paso Doble
5. Stratégies du réenchantement
6. Privilège insupportable
7. Giles au bûcher
8. Fugues et fragrances aux temps du Dépotoir
9. Nettoyage de printemps

    La première nouvelle du recueil n'est décidément pas faite pour ménager ses lecteurs. Lady Ann Kelvin accepte tout bonnement de prolonger son agonie pour tenter une opération qui permettrait de sauver les derniers cachalots. Si le contexte n'est au départ pas excessivement gai, le reste du récit l'est encore moins, dans la mesure où le vocabulaire ne nous épargne rien des horreurs de la chasse aux baleines. Tout cela n'empêche en rien la nouvelle d'être très poétique, notamment dans la mention du fameux continent, ce qui en fait une très belle histoire. Elle a d'ailleurs été éditée seule avant de faire partie de ce recueil. 
    Restons dans le thème des beaux récits avec Aria Furiosa, ma nouvelle coup de cœur. 
    "Il est parfaitement stupide de tomber amoureuse de son patron. Cela tient de la débilité profonde lorsque celui-ci est homosexuel. Et du masochisme avéré quand, en prime, il s'agit du dernier castrat." Alors non, il ne s'agit pas pour Marie de nous livrer son désespoir amoureux, mais bien de tenter de protéger des nazis occupant la france son patron, Orlando, chanteur lyrique renommé. La nouvelle étant plutôt courte, je ne peux pas vous donner davantage de détails, mais elle a été ma favorite alors que je suis très difficile dès qu'il s'agit de sentiments amoureux - j'ai toujours peur que ça ne verse dans les niaiseries - ça devrait achever de vous convaincre!
    Saint-Valentin, contrairement à ce que son nom laisse entendre, n'a non plus rien de niais. Au contraire, il s'agit de l'histoire de la petite amie de Tanguy, qui n'est autre qu'un tueur en série... spécialisé dans les créatures magiques. En découvrant un nain dans son frigo, elle se demande à quoi ressemblerait une vie normale... Cette nouvelle est écrite sur un ton très humoristique - c'est en fait la seule de ce registre. Je l'ai beaucoup aimée pour ça, d'autant plus qu'elle ne détonne pas dans le recueil puisqu'elle reste assez sombre.
    Je passe rapidement sur Paso Doble, qui est la seule nouvelle que j'ai abandonnée. Il y en a toujours au moins une chaque fois que je lis un recueil/une anthologie, il a fallu que ce soit celle-ci. Comme à chaque fois que j'abandonne un récit alors que j'ai aimé le reste de la production de l'auteur, je ne pense pas que l'histoire elle-même soit en cause, c'est tout simplement moi qui n'ait pas accroché. 
    En revanche, Stratégies du réenchantement m'a beaucoup plu. Le registre d'écriture se situe vraiment dans le familier, une chose dont je n'avais plus l'habitude. Le narrateur est atteint du SIDA 4, et nous relate sa jeunesse, ses aventures, sa relation compliquée avec sa fille... Le contexte de deuxième (seconde?) révolution sexuelle est traité avec beaucoup de profondeur et de justesse, de même que les mises à l'écart dont sont victimes les malades. Cette nouvelle est une réussite.
    Réussie également, la nouvelle Privilège insupportable. Elle est également la plus sombre du recueil, je dirais même la plus dérangeante. Le monde sombre dans le chaos, et les classes sociales décrétées inférieures se retrouvent contraintes à une quantité limitée d'oxygène par saison... La solution que trouve le personnage principal est pour le moins... insupportable. 
    J'ai eu un peu de mal à rentrer dans Gilles au bûcher, mais s'accrocher a porté ses fruits puisque j'ai beaucoup aimé cette nouvelle. Loin d'être aussi malsaine que la précédente, elle reste assez surprenante et les rebondissements sont pour le moins ahurissants. Certains aspects m'ont rappelé Le meilleur des mondes, en particulier la fabrication en chaîne d'enfants et la tentative de construire la meilleure société possible...
    De même, Fugues et fragrances aux temps du Dépotoir a failli ne pas me convaincre, du moins jusqu'à ce que je me rende compte de l'énormité de cette nouvelle. Sérieusement. Si certains choses sont difficiles à comprendre au début, le moment où tout se met en place est tout simplement génial. Elle est la nouvelle la plus longue de ce recueil, ce qui a permis à Jeanne - A. Debats d'en faire une histoire construite, qui aurait même pu aller bien au-delà de ses 80 pages. 
    On passe d'un extrême à l'autre avec le récit-éclair Nettoyage de printemps. J'avoue que je suis passée totalement à côté de celle-ci, j'ai vraiment au l'impression de manquer l'intérêt de la nouvelle et tout ce que le texte seul ne disait pas. 

    Reste que je ne regrette pas d'avoir voulu mieux connaître le travail de Jeanne - A. Debats. Ces neufs nouvelles - ou plutôt, les huit que j'ai lues - ont été des compagnes idéales aux vaguelettes méditerranéennes et aux coups de soleil. Je vous les recommande!

    Oh, et puisque l'article est un peu long de toue façon, oui, j'ai changé le titre du blog et le modèle. L'adresse devrait également changer sous peu. J'avais envie de violet, et les envies de violet, ça ne se discute pas! Et vous avez vous aussi certainement été touché-e-s par le syndrome du Je ne peux plus supporter le visuel de mon blog. Heureusement, ça se soigne en quelques heures de travail.