29 juin 2015

Red Queen

   Cet article fait suite à une lecture commune organisée sur facebook. J'en profite pour vous conseiller de créer des groupes entre bloggeurs, cela permet réellement d'organiser de manière très simple des challenges, lectures communes, etc.
    J'ai d'autant plus apprécié cette LC que je ne me serais pas spontanément tournée vers ce roman, qui pourtant a été une bonne découverte, à tel point que j'attends la suite avec une certaine impatience. 


Résumé de l'éditeur :
Dans le royaume de Norta, la couleur de votre sang décide du cours de votre existence. Sous l’égide de la famille royale, les Argents, doués de pouvoirs hors du commun, règnent sur les Rouges, simples mortels, qui servent d’esclaves ou de chair à canon.
Mare Barrow, une Rouge de dix-sept ans, tente de survivre dans une société qui la traite comme une moins que rien. Quand elle révèle sans le vouloir des pouvoirs extraordinaires et insoupçonnés, sa vie change du tout au tout. Enfermée dans le palais royal d’Archeon et promise à un prince argent, elle va devoir apprendre à déjouer les intrigues de la cour, à maîtriser un don qui la dépasse, et à reconnaître ses ennemis, pour faire valoir l’indépendance de son peuple.


432 pages

     Mon avis : Comme l'introduction vous l'a fait pressentir, j'ai plutôt apprécié ce roman. Il faut dire que je ne suis pas une adepte de la littérature ado/young adult, mais les aspects que je trouve déplaisants dans ce genre ne se sont que très peu retrouvés ici. Je reviendrai là-dessus plus tard...
    Concentrons-nous sur l'histoire. Une sorte de dictature dont les dirigeants fondent leur autorité sur des caractéristiques naturelles, une population oppressée et sans réel espoir de voir sa situation s'améliorer puisque a priori, la cause de leur esclavage - la nature de leur sang - a peu de chances de changer, une rebelle... Jusque-là, rien de bien novateur, mais ce sont des ingrédients qui ont toujours bien fonctionné, donc pourquoi pas? Et en effet, le sujet n'est pas trop mal mené par Victoria Aveyard. 
    La présentation débute avec une cérémonie organisée dans un village Rouge, et pose rapidement les bases de la domination des Argents. La comparaison avec les combats de gladiateurs est très explicite et justifiée, mis à part qu'il ne s'agit pas d'une distraction prisée par le peuple mais bien d'une mise à mort obligatoire à laquelle sont obligés d'assister les Rouges, véritable démonstration du pouvoir des Argents. Tout ceci nous est présenté du point de vue de Mare, qui va guider toute notre perception des jeux de pouvoir entre les deux clans.
    Pour en revenir à notre héroïne, j'ai été partagée : elle m'a parue à la fois digne de l'archétype de la rebelle luttant pour renverser un pouvoir injuste et illégitime... et de celui de l'ado déchirée entre deux hommes pour qui elle a un coup de cœur. Je pense que c'est le point qui m'a vraiment rebutée dans ce roman. Elle m'a parue immature de ce côté-là, alors même qu'elle apparaît comme étant très courageuse dans tout ce qui touche aux problèmes rencontrés par sa famille. On se retrouve donc avec un personnage principal qui peut tout autant forcer notre admiration que nous agacer au plus haut point. D'un  autre côté, il ne faut pas oublier que Red Queen est avant tout un roman pour adolescents, qui s'identifieront certainement plus que moi à Mare et à ses choix cornéliens. D'ailleurs, on se retrouve rapidement face à un personnage qui m'a énormément rappelé l'Antéchrista d'Amélie Nothomb
    
    Globalement, le style d'écriture est inégal, avec quelques passages plutôt bien écrits et d'autres plus ordinaires, la lecture rendue fluide par des chapitres relativement courts. 
     L'accent est mis sur les enjeux politiques et non pas sur les choix amoureux de Mare, ce qui est un très bon point qui m'a permis d'oublier que le roman est au départ destiné à un public relativement jeune. Au final, j'ai passé un bon moment avec Red Queen, qui mérite une partie de l'engouement suscité auprès des bloggeurs, et j'attends le tome 2. 

    Pour découvrir les chroniques des partenaires, c'est par ici :


   Lecture conseillée (également sur le thème de la dictature...) :
   La Reine liberté, de Christian Jacq.
 

11 juin 2015

Destination : Univers

    Vous comprenez que le titre de cette anthologie, référence directe au recueil d'A.E. van Vogt, a immédiatement accroché mon regard. De manière générale, j'essaye d'en lire le plus possible, surtout dans ces moments où je suis en recherche frénétique de nouveauté... Ces huit nouvelles tombaient à pic!

Résumé de l'éditeur : 
Qui n'a pas rêvé des étoiles? 
Franchir le seuil de la lumière, foncer dans l'hyperespace par des chemins secrets, filer au coeur des astres mourants, plonger dans la chevelure des nébuleuses et s'aveugler à la lumière des supernovae : rêver parce que le ciel au-dessus de nous est à la fois fascinant et irrésistible.
Mais la navette Atlantis a atterri et ne repartira plus, le ciel nous est désormais fermé. 
Huit auteurs ne se sont pas résigné, ils ont pris leur envol dans cette anthologie. Ils nous ont chanté les planètes lointaines et les océans spatiaux, les stations orbitales et les vaisseaux rutilants sous des étoiles inconnues. Ils ont peuplé l'univers immense de dangers incommensurables, d'aventuriers exceptionnels, d'intelligences artificielles, de civilisations oubliées et de trésors fabuleux. Parce qu'il nous reste le rêve. Et qu'on ne rêve jamais assez.

 Sommaire : 
1. Anthony Boulanger : Évaporation et sublimation
2. Célia Deiana : Le bal des méduses
3. Anne Fakhouri : Sleeping Beauty
4. Olivier Gechter : Le gambit de Hunger
5. Thomas Geha : Les tiges
6. Laurent Genefort : Les dieux bruyants
7. Aurélie Ligier : Le marathon des trois lunes
8. Olivier Paquet : Le Khan Mergen

    Mon avis : Le résumé de la quatrième de couverture, mêlant poésie et science, m'avait déjà conquise avant que je ne commence la première nouvelle. J'avais une petite faim de space opera depuis quelques temps ; or, c'est précisément le genre que souhaite réhabiliter cette anthologie.  Il s'agit du type de SF dans laquelle vous trouverez plus volontiers des vaisseaux extravagants se livrant bataille dans des futurs plus ou moins lointains, le but n'étant pas nécessairement l'exactitude des aspects futuristes, mais plutôt de faire s'évader le lecteur (ou le spectateur, comme dans Star Wars), ce qui est généralement un pari réussi. Sans paraphraser les auteurs, on peut dire que le space opera a fini, depuis plusieurs dizaines d'années, par être associé à une catégorie de science-fiction grand public, dans le mauvais sens du terme. Cette sélection de huit nouvelles prouve que ce genre a encore de l'avenir et n'est en aucun cas réservé aux auteurs au talent incertain comme on aimerait nous le faire croire.

    Le recueil s'ouvre sur Les tiges (le sommaire ne respecte pas l'ordre des nouvelles), dans laquelle l'Homme a formé un certain pacte avec une intelligence végétale. Le développement fulgurant des plantes m'a immédiatement évoqué Le monde vert, de Brain Aldiss, mis à part le fait que les humains en étaient totalement absents et que l'action était centrée sur la Terre. Les Tiges nous emmènent beaucoup plus loin dans l'espace, au cœur d'une bataille entre deux clans, l'un d'eux dirigé par les végétaux...
     Évaporation et sublimation est une nouvelle que j'ai trouvée très poétique, entrecoupée de passages évoquant des dieux de feu. L'écriture soignée ainsi que le mystère entourant ces créatures m'ont fait lire cette nouvelle d'une traite, et je suis ressortie assez bluffée de cette lecture.
    J'ai eu un peu de mal à finir Le bal des méduses, qui m'a parue un peu longue et le but de la nouvelle un peu obscur. Pour moi, une nouvelle doit compenser la brièveté du récit par une fin inattendue, qui nous laisse haletants, ou un niveau d'écriture relativement élevé. Ici, je n'ai rien à reprocher au style d'écriture d'écriture de Célia Déiana, il s'agit juste d'une appréciation personnelle!
    Pour clore les (rares) mauvais points de cette anthologie avant de repasser aux bonnes mentions, je n'ai pas terminé Sleeping Beauty. Rien dans cette nouvelle n'est à remettre en cause, ce que j'en ai lu était bien écrit et le récit avait l'air très bien construit. C'est tout simplement que je n'ai, dès le départ, pas accroché et n'ai pas réussi à entrer dans cette nouvelle, qui pourtant avait l'air prometteuse.
     Intéressons-nous donc au Gambit de Hunger, une nouvelle dont j'ai autant admiré que détesté le personnage principal masculin. Je comprends que ça puisse paraître totalement contradictoire! Le problème est que je ne peux pas vous fournir plus d'explications sans vous spoiler la nouvelle... Dans tous les cas, ce récit a été une très bonne découverte. La narration fluide, à deux voix, permet de prime abord de ménager le suspense puis de fournir des explications supplémentaires. C'est tout à fait le genre de narration que j'adore.
     Le marathon des trois lunes a également été un bon moment de lecture. On y suit une épreuve pour le moins originale... En effet, les coureurs doivent bel et bien enchaîner une course très dangereuse sur trois satellites distincts, la place du vainqueur se payant parfois avec des vies.
    Dans l'idée de garder le meilleur pour la fin, je passe pour l'instant au Khan Mergen, qui se détache de ce recueil par son atmosphère plus tribale. L'histoire se déroule dans le futur, mais on y retrouve une civilisation proche des cultures orientales de la fin de l'antiquité ou du début du moyen âge. J'ai trouvé ce mélange de futuriste et traditionnel très intéressant, d'autant plus que la nouvelle est très poétique tant dans le récit en lui-même que dans l'écriture.
      Voilà qui nous amène à ma favorite, Les dieux bruyants. Le récit est presque sous forme de conte, avec un style sans fioritures tout en restant suffisamment travaillé. Là encore, la narration se fait à partir de deux points de vue différents, voire très différents puisque l'on a affaire à de sortes de créatures très dissemblables. La rencontre avec les pilas est un moment absolument adorable (et je n'emploie pas souvent ce mot!).

     J'avais oublié à quel point un article sur des nouvelles pouvait être frustrant, j'aurais vraiment aimé pouvoir vous en dire plus! Je vous invite à discuter de cette anthologie dans les commentaires, si elle vous a plu ou si vous comptez la lire. Evidemment, les suggestions sont les bienvenues si vous d'autres anthologies vous viennent en tête.

 Lecture recommandée :
 Destination Univers, A.E. van Vogt