28 mai 2015

Andreas Eschbach : En panne sèche

    Andreas Eschbach a immédiatement et durablement rejoint mes auteurs favoris avec le sublime Des milliards de tapis de cheveux. L'auteur de science-fiction allemand, ancien ingénieur aéronautique, au style d'écriture efficace et recherché, sait nous plonger dans ses futurs à la fois sombres et poétiques, comme c'est le cas pour son premier roman Des milliards de tapis de cheveux ou encore sa nouvelle Les mystères de l'univers.

    Résumé :

    Même la dernière goutte d'essence permet encore d'accélérer. 
    Et si la totalité des réserves de pétrole de la planète s'épuisait? C'est le scénario catastrophe brillamment présenté par A. Eschbach dans ce roman, qui mêle crise politique mondiale et récits de vies fortement impactées par la rupture de carburant... Markus Westermann, ingénieur allemand expatrié aux Etats-Unis, pense détenir une solution miracle, qui permettra d'extraire plus d'or noir. Son projet peut-il fonctionner? 
    En panne sèche est un roman catastrophe, qui nous amène à envisager un futur... pas si lointain.

Titre original : Ausgebrannt (2007)

Pages : 763


    Mon avis : J'ai lu ce roman l'année dernière, mes souvenirs en sont donc un peu flous... Mais si je ne me souviens pas des détails exacts, je n'ai pu oublier l'impression générale que m'a faite ce roman, que j'ai beaucoup apprécié. En panne sèche n'est pas mon favori d'Eschbach et ne risque pas de détrôner mon petit préféré Des milliards de tapis de cheveux, mais il reste un très bon roman d'anticipation, peut-être même celui qui s'attaque au futur le plus proche du nôtre parmi tous les romans du genre que j'ai pu lire. 

    Le fait que l'époque dans laquelle est ancrée le roman ne soit distante de la nôtre que de quelques années a fait que je n'ai pas ressenti ce dépaysement temporel que je recherche dans la SF. C'est pourtant le seul point que je n'ai pas apprécié. Le reste est un contexte politique plus que délicat bien présenté et développé, et basé sur une excellente documentation. L'histoire politique du pétrole est en effet détaillée dans ce roman, sans que la moindre lourdeur s'en fasse ressentir. Le principal avantage de cette rétrospective bien menée est de nous faire saisir non seulement les enjeux actuels des conflits politiques autour du pétrole, mais également les risques futurs et les crises qui devraient intervenir dans les prochaines années...
    Les amateurs de cultures orientales seront ravis en découvrant ce roman. Pour ma part, je préfère les époques plus anciennes, mais cette description des pays de la péninsule arabique et de l'Est de la Méditerranée, en plus de servir les intérêts du roman, reste un moment d'évasion plutôt agréable. Cela permet également de resituer certains conflits dans leur contexte et de les percevoir quelque peu différemment avec plus d'éléments à notre disposition pour les comprendre.

    Pour revenir au roman en lui-même, on retrouve en quelque sorte l'organisation des Milliards de tapis de cheveux ou chaque chapitre nous présente un point de vue et une époque différents. Dans ce cas également, c'est une excellente façon de brasser les différents éléments entrant en jeu dans l'histoire - et l'Histoire - en fournissant des données qu'un seul personnage n'aurait pu nous présenter.
    Quant au personnage de Markus, il est un bon prétexte a une critique acerbe de la société de consommation, qui est un sujet généralement plutôt bien exploité dans la science-fiction. (Je pense notamment à Seven, un roman dont l'action se situe intégralement dans un gigantesque centre commercial réparti sur sept étages). Sa volonté de conquérir l'Amérique se joint à certains aspects historiques pour finalement former une critique de la mondialisation. 
     Je ne dirais pas pour autant que En panne sèche est un roman engagé, car tous ces éléments sont plus destinés à cultiver le lecteur et l'encourager à mener sa propre réflexion qu'à le convaincre de quoique ce soit. Alors certes, il s'agit là d'un roman alarmiste, mais qui a le mérite de ne pas verser dans le roman catastrophe facile. 


    Lectures recommandées :
    Le dernier de son espèce et Station Solaire, du même auteur.

 

20 mai 2015

Le tour du monde en 80 bibliothèques #3

    J'ai pris un peu de retard pour notre rendez-vous hebdomadaire, mais me revoici en forme pour une autre visite! Pourquoi ne pas faire les choses en grand cette semaine avec non pas une bibliothèque mais une librairie, celle installée dans l'ancien théâtre Gran Splendid, ouvert en mai 1919 à Buenos Aires.

Pour accentuer le côté "voyage", pas pour vous donner une leçon de géo!

    Originellement construit pour Max Glücksmann, qui y animera une émission de radio, puis faisant office de cinéma dès la fin des années 20, il ne se transformera en librairie (et apparemment même en discothèque!) qu'en 2000.


    Le théâtre pouvait accueillir 1050 spectateurs. Aujourd'hui, des sièges sont toujours à disposition des amoureux des livres qui voudraient s'offrir une petite séance de lecture dans ce cadre idyllique avant d'acquérir leurs précieux bouquins. (Oui, vous pouvez lire "précieux" avec la voix de Gollum/Sméagol, je ne vous en voudrai pas.)


    En plus de l'architecture initiale parfaitement conservée, nous devons compter parmi les aménagements opérés par Fernando Manzone un café moderne situé sur la scène, elle aussi préservée.  


   La fresque peinte par Nazareno Orlandi est bien évidemment toujours offerte aux regards des visiteurs. Il n'est pas étonnant que le journal The Guardian ait classé, en janvier 2008, la librairie comme la seconde plus belle du monde...


    Non contente d'être très fournie et de nous proposer jusqu'à 120 000 titres, elle reste ouverte jusqu'à vingt-deux heures, voire minuit les weekends. Splendid!
    Accueillant une belle moyenne de 3000 visiteurs par jour, elle compte parmi les plus grandes librairies d'Amérique du Sud. Ses 2000 mètres carrés répartis sur quatre étages (dont un réservé au CDs) ont certainement contribué à ce titre.


     Je ne sais  pas pour vous, mais j'ai une furieuse envie d'aller boire un café sur la scène de l'ancien théâtre, au milieu de tous ces livres...

    

17 mai 2015

TAG : Avez-vous déjà lu... ?



 
    J'ai été taggée par Sandra du blog Accros à la lecture.  C'est une très bonne chose, puisque ce type d'article a jusque-là été absent de Lectures Vespérales. Me voilà donc partie pour répondre à quelques questions sur mes habitudes littéraires!

     1) Toute une journée?
 Quasiment! C'est une chose que je faisais assez souvent quand j'étais petite.

     2) Tous les livres de votre bibliothèque? (une PAL vide? Est-ce vraiment possible?)
Non, j'ai encore quelques livres en attente, que j'ai acheté sans les lire immédiatement...

     3) Un livre uniquement sur la recommandation de quelqu'un (votre libraire, votre meilleur ami, votre chien, la page facebook de Pocket Jeunesse...)?
Evidemment! C'est même encore plus agréable de se lancer dans une lecture sachant que quelqu'un nous l'a recommandée avec plus ou moins d'enthousiasme.

     4) Un livre qui se passe dans votre ville ou dans un endroit où vous avez vécu (ou pas très loin)?
Oui! Une partie de Lestat de Anne Rice se déroule en Auvergne, c'est d'ailleurs le lieu de naissance d'un de nos vampires favoris ; )

    5) Un livre dont vous avez un peu honte?
Oui, la série des Twilight...

     6) Plusieurs livres en un jour (quel rythme de lecture!)?
Oui, mais il s'agissait de romans plutôt courts, bien sûr.

     7) Toute une série, sauf le dernier tome qui est pourtant sorti il y a bien longtemps (un peu de mal à abandonner l'univers?)
Oui, ce qui a été exceptionnel, car même si je suis une inconditionnelle de la série en question, je suis tellement pressée d'en connaître la conclusion que je me jette sur tous les tomes, même si je me sens toujours un peu nostalgique à l'idée que ça se termine... Oui, mesdames J.K. Rowling et Robin Hobb, je m'adresse à vous.
Il s'agissait de l'excellente série Tunnels, de Roderick Gordon et Brian Williams, mais j'ai attendu la sortie du tome 4 tellement longtemps que j'ai en quelque sorte abandonné l'univers.

     8) La suite d'un roman alors que vous n'aviez pas aimé le tome 1 (ne seriez-vous pas un peu masochiste?)
Non, il ne me semble pas!

     9) Un livre avec une couverture vraiment pas terrible (voire très moche)?
Une bonne dizaine!

     10) Un livre Pocket Jeunesse, autre que les Hunger Games?
Oui, je pense en particulier à la série Peggy Sue et les fantômes, de Serge Brussolo.

     11) En faisant autre chose (la vaisselle, téléphoner à votre mère...)
Oui, en écoutant de la musique. (On l'a sûrement tous fait, d'ailleurs, non?) D'ailleurs, Maxime Chattam recommande certaines musiques dans son petit message aux lecteurs qui introduit le Sang du temps. C'est une habitude que la plupart des auteurs devraient prendre!

     12) à la place de faire autre chose (manger, dormir...)
Au lieu de suivre le cours, oui... Pour information, chers lycéens et collégiens, les profs s'en rendent très bien compte.

     13) Un livre d'exactement 399 pages (c'est le moment de sonder sa bibliothèque)?
Hum! Je serais incapable de le dire.

     14) Un livre avec le mot "livre" dans le titre?

    15) En hiver, un livre qui se passe en été?
Certainement!

     16) En été, un livre qui se passe en hiver? 
Sûrement aussi! (Je crois que l'action de Misery est située en hiver, non?)

     17) Un livre et quelqu'un que vous ne connaissez pas interrompt votre lecture. Vous en parlez et devenez instantanément amis pour la vie (ou presque)?
Non!

     18) Sur la plage?
Oui. C'est tellement agréable d'avoir un bon bouquin au soleil et de pouvoir aller se rafraîchir de temps en temps!

     19) Un livre qui vous a fait lever les yeux au ciel?
Oui! Quand certaines scènes sont trop mièvres...

     20) Un livre parce que vous avez lu un livre qui en parlait (un livre dans un livre, c'est un peu Inception, mais pour les livres)?
Oui, Jane Eyre qui est mentionné dans L'affaire Jane Eyre, de Jasper Fford.

Attribuez-vous un point par réponse positive. Alors, quel est votre score? 16/20

Et voilà pour moi! Si ce tag vous intéresse, allez-y et mettez en commentaire un lien vers votre article ; )

14 mai 2015

Les amants étrangers


Couverture du roman, édition folio SF

  
    Résumé de l'éditeur :
   En 3050, L'Amérique du Nord est dirigée par le Clergétat, ordre religieux ultra-puritain, susceptible de vous envoyer en enfer pour "irréalité" au moindre pêché. En partant en mission sur la planète Ozagen, Hal Yarrow pense avoir laissé cette société qu'il abhorre derrière lui. Mais le conditionnement subi depuis son plus jeune âge résiste à l'éloignement et rien ne semble pouvoir le briser. à moins que la belle Jeannette, mystérieuse étrangère, ne parvienne à faire tomber les derniers tabous de Yarrow?

Titre original : The Lovers (1961)
268 pages


   
   
    Mon avis : J'ai choisi ce roman au hasard parmi les quatre de ma PAL rapportée de la bibliothèque. Cela faisait un certain temps que je n'avais plus lu de manière régulière, et cette trouvaille m'a réellement permis de reprendre un rythme plus assidu.
    Je ne connaissais absolument pas l'auteur, et je remercie encore une fois les éditions Folio et leur collection dédiée à la SF pour leur couvertures mauve métallisé si reconnaissables, qui m'auront une fois de plus conduite à une belle découverte. Comme vous avez pu le comprendre dans le résumé de l'éditeur, ce roman aborde de front les thèmes parfois houleux de la sexualité et de l'extrémisme religieux. En effet, la société dans laquelle évolue Hal Yarrow - ou plutôt la société qui l'étouffe - est, du moins j'en ai l'impression, plus extrémiste encore que tout ce que l'on peut imaginer. Si le vocabulaire apparaît de prime abord issu de la religion chrétienne - il est fait mention d'anges gardiens - le reste du lexique a été totalement imaginé par PJ Farmer, ce qui ne le rapproche d'aucune religion en particulier. Ce détail est à mon avis appréciable et parle en faveur du caractère universel du roman.
    Le rythme est relativement rapide mais l'auteur n'a pas pour autant négligé de nous planter un décor bien construit et détaillé. En effet, non seulement l'explication relative au très important déclin  démographique sur Terre est cohérente, mais les éléments nous en sont présentés au fur et à mesure que le récit progresse, de manière à les mettre en lien avec l'évolution de notre personnage principal. Encore une fois, le résumé n'est pas mensonger : si une seule phrase est consacrée à l'apparition de Jeannette, c'est bien parce que Farmer a su très bien équilibrer le contexte politique et la romance. Aucun ne prend le pas sur l'autre et l'histoire de Jeannette et Hal est bien mise en relation avec les coutumes de la société à laquelle appartient Hal. 

    Le roman est décrit comme "un magnifique plaidoyer contre l'intégrisme religieux et pour l'acceptation de la différence". Pour ma part, c'est exactement ce que j'ai ressenti et pourquoi il m'a touchée. La narration se faisant du point de vue de Yarrow, on pourrait s'attendre à des exagérations, mais le ton employé semble juste et le système dans lequel il évolue de plus en plus étouffant. 
    Au contraire, les opinions du Clergétat nous sont mêmes d'abord présentées lors de la découverte d'Ozagen, lorsque Hal rencontre les Wogs. C'est l'occasion pour nous de suivre une évolution de mentalités subtile et passionnante. 

    Au final, ce fut une lecture très agréable, d'autant plus que je n'avais pas lu de SF d'avant les années 2000 depuis un bon bout de temps, et que les noms propres un peu "kitsch" m'avaient presque manqué... 
     Je vous recommande chaleureusement ce bouquin! Quant à moi, je sens que je vais explorer d'un peu plus près la bibliographie de Farmer, notamment sa Saga des Hommes - dieux.
    

12 mai 2015

Le tour du monde en 80 bibliothèques #2

   Nous continuons ce tour du monde en nous arrêtant cette fois-ci au Portugal, avec la bibliothèque du palais national de Mafra, situé à environ vingt-cinq kilomètres de Lisbonne. Conçu en 1717 par l'architecte italien d'origine allemande Johann Friedrich Ludwig, qui a principalement œuvré au Portugal, le palais est de style baroque, ce qui se reflète parfaitement dans sa magnifique bibliothèque, notamment dans ses bas-reliefs superbement travaillés. Le complexe architectural est même considéré comme le monument baroque le plus important du pays.


    Établie dans une salle longue de 83 mètres, ce qui en fait la plus imposante du bâtiment, la bibliothèque contient quelque 36 000 œuvres classées selon un ordre conçu entre les XVII et XIXè siècles, parmi lesquelles 41 rares cartes géographiques de même que des partitions de compositeurs. Elle compte également parmi les plus importantes bibliothèques portugaises.


     Le palais a été transformé en musée en 1910, et connaît apparemment une très grande affluence touristique depuis lors. Étonnamment, la bibliothèque m'intéresse plus que tout le reste...
 

    Et voici pour cette semaine! Je ne sais pas pourquoi, mais le beau temps m'a donné envie de me balader virtuellement dans un pays relativement ensoleillé. En attendant la balade réelle... 


4 mai 2015

Le tour du monde en 80 bibliothèques #1

    C'est le moment d'inaugurer une première rubrique, inspirée par la lecture du superbe article du site Bored Panda qui répertorie les plus belles bibliothèques au monde. Je me suis dit que c'était l'occasion de vous exposer en détails mes favorites, à raison d'une par semaine. Je ne les ai pas classées, je me contenterai de vous les présenter au fur et à mesure de mes envies - même si j'ai ma petite idée quant à celle que je vous réserve pour la fin...

 



     Nous commençons donc par la bibliothèque du Trinity College, l'université de Dublin, fréquentée par Messieurs Oscar Wilde, Jonathan Swift, Samuel Beckett et Bram Stoker, ainsi que la belle et diplômée d'histoire Kathie McGrath (Morgane dans la série Merlin et Lucy dans la série Dracula) s'il vous plaît.


    Plus ancienne et importante bibliothèque de la ville, elle recèlerait des ouvrages remontant au Vè siècle, en plus du célèbre manuscrit médiéval Book of Kells. Comme vous pouvez le voir, ces perles sont réparties sur deux étages, au milieu des boiseries et d'une superbe architecture remontant à la fin du XVIè siècle. La "long room" en est la pièce la plus connue, celle dans laquelle sont conservés les livres anciens (et rares), ne pouvant être consultés que sur demande bien évidemment.

 

    Et voici pour cette première visite! Personnellement, l'article original m'a donné envie de me lancer littéralement dans un tour du monde des bibliothèques, j'espère vous faire saliver de la même manière...