30 mai 2013

Paul di Filipo : La trilogie Steampunk



    Le steampunk est à l'origine un genre littéraire également appelé science-fiction rétro-futuriste. Si ce nom peut sembler contradictoire, il s'explique par le fait que type particulier de SF se tourne vers des époques antérieures -généralement le XIXè, mais d'autres peuvent être concernées, comme le XVIIIè ou le XXè- en les imaginant dotées d'une technologie qui n'existait pas durant ces périodes. Un petit exemple pour éclaircir tout ça : dans cette trilogie steampunk, de Paul Di Filipo, les histoires se déroulent pendant le XIXè, mais il existe des machines qui n'étaient pas encore inventées à cette époque. Ces machines sont habituellement très volumineuses, contrairement à la technologie moderne qui à tendance à miniaturiser au maximum. L'univers s'inspire énormément de celui de Jules Verne, et les moyens de locomotions principalement utilisés par les personnages sont les zeppelins, les dirigeables, les trains, les tout premiers avions... ou les sous-marins.

    C'est avec cette excellente trilogie que j'ai découvert ce genre, qui m'a immédiatement séduite. C'est un type d'écriture très décalé, et il me semble que cela fait partie des caractéristiques du steampunk. On ressent également la présence de critiques du XIXè de la part de l'auteur, preuve que l'on peut être fasciné par ce siècle tout en restant critique. Ceci ce comprend dans la mesure où, pour être tout à fait honnête, ce n'est peut-être pas la meilleure période du point de vue des mentalités. Du coup, les idées pourries des colons sur l'inégalité des cultures et la morale victorienne trop stricte s'en prennent plein la figure, et j'adore ça.

    Le genre steampunk a beaucoup évolué et n'est pas uniquement cantonné à la littérature : on trouve aussi cette esthétique dans la musique (comme chez Abney Park- cliquez pour voir la video- ou The Vernian Process-cliquez-, mais aussi dans le rap, le métal...), dans les films (comme dans Wild Wild West et le merveilleux train d'Artemius Gordan ou l'araignée géante de Arliss Loveless -cet exemple n'est pa le meilleur mais il a le mérite d'être très connu, et je m'en sers souvent pour expliquer aux "novices" le concept de rétro-futurisme) et dans la mode. C'est aussi un art de vivre pour certains qui aiment "bricoler" et accessoiriser certains objets de la vie quotidienne comme des ordinateurs ou des portables et même inventer des gadgets.



 

Les nombreuses vies de Dracula

   

     Oui, je continue sur les vampires ; à partir du moment où je suis passionnée par le fantastique, je ne peux pas manquer d'être intéressée par une des créatures les plus présentes dans cet univers.
   Ce livre ne se concentre pas uniquement sur le vampire moderne mais également sur les tous premiers vampires à travers le monde et l'histoire, en particulier depuis le XVIIè en Europe de l'est, déjà hantée par les boucheries du comte Drakula. Justement, les auteurs reviennent sur son histoire (qui est après tout plus ou moins la même que celle de n'importe quel tyran) et sur la façon dont le voïvode est devenu le célébrissime personnage : dans le roman de Bram Stoker tout d'abord, puis dans les films de Murnau, Terence Fisher, etc.. On trouve également une très belle introduction au roman noir - c'est ici que j'ai découvert ce genre- et sur la littérature sombre depuis le XVIIè, dans une perspective de retracer en quelque sorte l'histoire du fantastique. L'auteur ne nous donne pas de très nombreuses pistes de lecture mais insiste essentiellement sur ce qu'est le genre en lui-même, son apparition, ses origines... En particulier, les graveyard poets comme Thomas Parnell et Edward Young sont évoqués. Ces poètes puisaient leur inspiration dans la nuit, le morbide et le surnaturel, et ont été, en quelque sorte, les précurseurs des romantiques. 
     Si ce livre s'intitule "Les nombreuses vies de Dracula", c'est parce que cette créature et le roman originel, celui de Bram Stoker, ont fait l'objet d'innombrables réécritures et adaptations. Ainsi, on peut imaginer que le personnage de Dracula, à force d'être réinventé, a connu plusieurs vies...
    En résumé, c'est un bon ouvrage théorique sur les vampires et la littérature "sombre", que je vous conseille évidemment!

29 mai 2013

Les textes fondateurs du mythe du vampire




    On passe cette fois-ci à la collection Omnibus, qui contient elle aussi des anthologies et rappelle énormément la collection Bouquins. Ce recueil est absolument parfait, et rassemble tous les principaux (et meilleurs) romans et nouvelles qui ont créés le mythe moderne du vampire. Des exemples? Dracula, bien sûr, Carmilla, Le Vampire de Polidori, Vampire junction de S.P. Somtow, le Mal des vampires de Norman Spinrad, et beaucoup d'autres, comme une nouvelle d'E.T.A. Hoffmann, une autre d'Anne Rice et encore une de Matheson (l'auteur de Je suis une légende, qui a été magnifiquement adaptée au cinéma avec Will Smith dans le rôle de Robert Neville). Bref, que de réjouissances.

    Une petite précision : ces textes ne ressemblent pas à Twilight et compagnie et n'ont rien à voir avec des romans pour ados. Attention, je ne veux absolument pas dire que les romans pour ados sont mauvais - je pense en particulier à l'excellente série de SF de Scott Westerfield, avec les titres Uglies, Pretties, Specials, etc. Mais malheureusement, certains d'entre eux n'ont l'air que de servir les intérêts commerciaux des éditeurs et par ailleurs, j'ai la très forte impression que les auteurs font de vagues allusions au romantisme tout en ayant une idée très superficielle et "grand public" de ce genre. Au contraire, on retrouve dans ce recueil de vrais liens avec le romantisme et le roman noir, qui mêle fascination pour la mort et romance. Ces vampires-là ne sont pas des lycéens mangeurs d'animaux, mais des adultes torturés qui entretiennent des relations extrêmement ambigües avec des victimes souvent consentantes.... Ce sont des créatures à la fois séduisantes et effrayantes, comme la Shambleau de Catherine L. Moore, présente dans ce recueil.

    L'introduction est parfaite pour se mettre dans le bain, et revient sur l'évolution du mythe, qui est à l'origine présent partout dans le monde. J'aime le vampire tel qu'on le connaît aujourd'hui, mais le problème est que cette image occidentale prime sur toutes les autres et ne devrait pas faire oublier la diversité de ce personnage à travers le monde. L'auteur de l'intro/préface est Jean Marigny, qui a aussi choisi les textes et donne une bibliographie très complète à la fin, que je vous encourage très vivement à zieuter. 

Neil Gaiman et Terry Pratchett : De bons présages



    Voici un des romans conseillés par Patrick Marcel dans son guide. Il semblerait que Neil Gaiman soit un auteur phare, mais je vous avoue que je n'ai lu qu'un seul de ses romans pour le moment.

   Ici,l'ange Aziraphale  et le démon Rampa sont amis, ce qui me paraît être une belle preuve d'ouverture d'esprit, et décident de faire rater l'Apocalypse. Pourquoi? A la rigueur, il est logique qu'un ange ne souhaite pas la fin du monde, mais le démon? Et bien tout simplement, parce que si le projet d'Apocalypse (commandité par les deux camps) réussit, la Terre n'existera plus et régnera soit le paradis soit l'enfer... Or, aucun de nos deux acolytes ne veut de ça car ils aiment les humains, ou plutôt, ils aiment jouer avec.
  
   Le ton est complètement décalé, ce qui est agréable si comme moi vous n'avez pas forcément envie de lire quelque chose de réellement sérieux sur la religion. Disons que si les références sont présentes, n'importe qui peut lire ce roman et l'aimer : les croyants en tout genre comme les athées, parce qu'il ne fait pas appel à des éléments réellement spécifiques à une croyance mais à une culture. Et oui, même si on est athée, quand on est imprégné par la culture occidentale, on entend parler d'anges, de démons et tout le tintouin. On peut donc lire une histoire dans laquelle ils font partie des personnages principaux...

   Si l'humour et le second degré sont très présents, on peut aussi se régaler de nombreuses références à la musique, et au cinéma. Je veux vraiment insister sur le fait que ce roman est à lire avec beaucoup de recul et de second degré. Ne commencez pas à le dénigrer si vous êtes "sensibles" au sujet de la religion, ce roman est vraiment fait pour faire rire tout le monde et pas uniquement les athées.

28 mai 2013

Les évadés des ténèbres

    


    Oui, il s'agit encore une fois d'une anthologie de la collection Bouquins, dont le thème est très similaire à celui de la première que je vous ai présentée : des monstres parmi les plus marquants de la littérature fantastique.

    Comme vous ne le voyez peut-être pas sur la couverture, le recueil contient Dracula, Frankenstein, Carmilla, le Golem (de Gustav Meyrink) et les Mystères d'Udolphe, sans doute le roman le plus connu d'Ann Radcliffe. C'est donc une autre collection de grands classiques pour les fanas du genre comme moi (et peut-être vous). Toutes les anthologies de la collection Bouquins que j'ai lues étaient excellentes, il me semble qu'elles peuvent faire partie des indispensables d'une bibliothèque.

   Bref. Je suppose que vous connaissez Dracula et Frankenstein (auquel je consacrerai bientôt malgré tout un article plus détaillé). 
    Commençons donc avec le premier roman de l'anthologie, Les mystères du château d'Udolphe, de Ann Radcliffe, qui est son quarième et plus célèbre roman. Les personnages et lieux sont typiquement ceux que l'on retrouve dans un roman gothique, par ailleurs, Les mystères d'Udolphe est considéré, avec le château d'Otrante (Horace Walpole), comme le prototype du roman gothique. On y retrouve donc une jeune femme persécutée, des éléments en apparence surnaturels, des ennemis prêts à tout, et tout cela dans des décors sublimes (comprendre "effrayants pour le commun des mortels") : des châteaux en ruine, mais aussi des paysages grandioses, comme les Alpes qui sont décrites de façon remarquable. Comme dans la plupart des romans gothiques, plus particulièrement chez Ann Radcliffe, l'intrigue est centré autour d'une histoire d'amour impossible, de secrets familiaux, et d'un malfrat qui organise le tout et fait son possible pour désorienter les autres personnages...
    
    Passons au deuxième roman, ou plutôt à la deuxième nouvelle de cette anthologie. Carmilla est une dangereuse comtesse vampire, créée par Joseph Sheridan le Fanu (un auteur du XIXè dont je vous reparlerai sûrement), particulièrement importante car c'est le premier vampire lesbien, ce qui est extrêmement osé pour l'époque. La narratrice est l'hôtesse de Carmilla, qui apparaît complètement désorientée par la relation ambiguë qu'elle entretient avec la jeune femme. L'intérêt du choix de la rédaction à la première personne est que le mystère est prolongé dans la mesure où on ne peut découvrir le mal qui ronge la jeune fille qu'en même temps qu'elle, puisqu'on ne peut que partager son point de vue, qui n'est pas omniscient. Au passage, la littérature de cette époque permet d'avoir un aperçu des mentalités dominantes, qui n'étaient malheureusement pas aussi évoluées qu'aujourd'hui dans certains domaines...
    Cette nouvelle a d'ailleurs été adaptée au cinéma, notamment par Roger Vadim en 1960 dans Et mourir de plaisir.
    
    Le Golem est une adaptation d'une légende juive née dans un quartier de Prague, où l'auteur a vécu des  événements très importants. Si vous voulez un détail inutile, sachez que Gustav Meyrink était passionné de sciences occultes. Elle raconte l'histoire d'un tailleur de pierre précieuses qui décide de se créer un serviteur de pierre après avoir eu entre les mains un livre de sciences occultes. C'est aussi pour lui le début d'un parcours initiatique trouble... Vous pouvez lire une parodie de cette légende dans le recueil La lamentation du prépuce, de Shalom Auslander.

   Voilà, j'espère comme d'habitude vous avoir donné envie de lire ce recueil. N'allez pas croire que je n'aime que le  fantastique, mais je trouve ce genre absolument passionnant, car je crois réellement que les auteurs n'inventent pas tout mais que certaines créatures et phénomènes présents dans les romans, nouvelles et films sont au départ une croyance qui en dit long sur les cultures et les sociétés dans lesquelles elle est présente.

    N'hésitez jamais à me faire découvrir vos intérêts, car si je me tourne spontanément vers la littérature fantastique, j'ai bien conscience que d'autres genres/auteurs peuvent être extrêmement intéressants et je compte sur vous pour me les faire découvrir.

Atlas des brumes et des ombres




    Ne me demandez pas pourquoi ce livre fait partie de la collection SF, puisqu'il parle du genre fantastique. Mais bon, j'aime bien cette collection et encore plus le fait qu'on puisse y trouver des livres qui n'ont pratiquement rien à voir avec les sujets habituels.

   Vous l'avez sûrement compris, j'adore les anthologies ou n'importe quel bouquin théorique. Ici, on en a un bon qui donne un bref historique du genre fantastique mais surtout une copieuse bibliographie. L'auteur nous a sélectionné un certain nombre de romans assez connus ou moins célèbres, dont certains sont malheureusement trop rares pour être trouvés en bibliothèque ou en librairie classique - je veux dire à un prix relativement raisonnable. Je n'en ai lu que très peu pour l'instant mais certains auteurs présents dans la bibliographie m'ont convainque de sa qualité : Poppy Z. Brite, Neil Gaiman, Thomas Harris, et comme d'habitude, j'en oublie.
   
    Je vous mets ici la copie de la quatrième de couverture en espérant qu'elle vous alléchera!

"Historique de la littérature fantastique. 100 propositions de lecture.
Guy de Maupassant, Clive Barker, Stephen King, Jean Ray, Jorge Luis Borges, Edgar Poe, Peter Straub, Bram Stoker et son Dracula... Autant de signatures majeures d'un genre littéraire, le fantastique, marqué par l'exploration du surnaturel, de l'horreur et de l'irrationnel. Reflet des peurs les plus intimes, le fantastique accueille depuis l'aube de la littérature des figures imaginaires immortelles : vampires sanguinaires ou romantiques, loups-garous pathétiques, démons impitoyables, maisons hantées ou momies vengeresses. Indispensable outil pour les enseignants, fidèle compagnon de voyages du lecteur néophyte ou confirmé, ce guide de lecture propose un parcours souvent terrifiant au sein d'une littérature qui cherche à appréhender les facettes les plus sombres de l'inconscient humain."

27 mai 2013

Carnets Noirs

 


    Un premier détour par la musique. Si vous êtes comme moi, encore relativement nouveaux dans l'univers de la musique post-punk, je vous conseille de lire deux excellents livres sur la scène alternative : Carnets noirs.  Le premier traite plutôt de ces musiques à l'échelle internationale, alors que le deuxième se centre sur la scène francophone, qui en passant est beaucoup plus riche que ce que j'avais pu croire. Bref.
    
   Je n'ai approfondi que le premier pour le moment (un grand merci aux partiels qui approchent...) mais je l'ai trouvé très bon dans la mesure où je ne connaissais que les grands classiques ; là, j'ai pu avoir un échantillon de groupes moins connus par les néophytes comme moi. J'ai lu le bouquin devant l'ordinateur branché sur youtube : je trouve qu'il est intéressant de lire ces livres en écoutant les titres dont il est question quand on ne les connaît pas ; dans le cas contraire, la lecture risque de devenir creuse, un peu comme si on lisait dans le vide.
    
   Les chapitres correspondent à un style de musique en particulier (post-punk, batcave, cold wave, gothic-rock, dark-wave, indus, EBM...) et décrivent le genre de façon très complète en l'illustrant avec l'historique des groupes majeurs. En gros, on trouve pour chacun d'entre une discographie complète avec l'avis des auteurs, - qui j'espère sont restés assez objectifs - en quoi le groupe ou l'artiste présenté a évolué d'un album à un autre, ce que son travail a apporté au genre musical. Le contexte d'apparition de chaque genre est décrit de façon plutôt précise, ce qui aide grandement à s'y retrouver.
    Je ne vais pas vous parler du deuxième pour deux bonnes raisons : a) je l'ai simplement feuilleté et b) il m'a l'air construit sur le même mode que le premier, ce qui est une bonne chose. 

    Donc, je vous recommande très vivement ces bouquins si vous êtes encore novices et avez envie d'aller plus loin. Ce que j'ai vraiment tiré de la lecture de ces livre est que la culture post-punk est incroyablement riche, et sa longévité assez remarquable : pensez que ce mouvement est apparu dans les années 80 et qu'il continue de susciter de l'intérêt - en bien ou en mal...

Dan Simmons : Terreur


   
    J'admets que je vous apporte beaucoup de "terreur" en peu de temps (voir l'article précédent pour les retardataires), mais ce roman, parce qu'il a été un véritable coup de cœur, devait absolument figurer dans ce blog.
   Terreur rapporte l'expédition du capitaine Anglais John Franklin, menées aux alentours de 1856 à la tête des HMS Terror et Erebus, ayant pour but de trouver une route commerciale à travers les mers du Nord. Seulement, les voies maritimes du nord de l'Europe sont à l'époque extrêmement dangereuses et les deux navires ainsi que leurs équipages se retrouvent prisonniers des glaces. Les marins doivent alors survivre dans des conditions atroces : à l'absence de nouvelles des secours s'ajoute le scorbut, d'autant plus virulent que les aliments censés aider les marins se font rares...
    Dan Simmons a rajouté à cet événement historique une tonalité fantastique : la Terreur, une créature qui hante les terres arctiques et persécute les marins. Les hommes des deux HMS n'ont donc pas que le froid contre lequel lutter, et c'est aussi ce qui donne de l'originalité à cette histoire : on est loin d'un banal récit "d'aventure" vu et revu  dans lequel des personnages doivent survivre dans des conditions épouvantables en attendant du secours.
   Je tenais également à évoquer une scène très forte, qui est une superbe référence au Masque de la mort rouge d'Edgar Poe. Les marins perpétuent une tradition de bal de début d'année qu'avait déjà pratiqué Franklin lors de ses premières expéditions arctiques. Seulement, certains d'entre eux ont l'idée d'une décoration un peu particulière : une salle bleue, une pourpre, une verte, une orange, une blanche, une violette et une noire... Dans le roman, en fait de salle, les marins ont utilisé des tentures, mais l'effet est exactement le même! Quand la procession arrive dans la salle noire,  et que retentissent les douze coups de minuit au moment où deux marins déguisés en la Terreur se tiennent devant l'horloge...
    Le capitaine Franklin et son second Crozier doivent également faire face à deux marins quelques peu indisciplinés, ainsi qu'à l'étrange Lady Silence, une inuit à la langue coupée qui semble entretenir des liens assez particuliers avec la Terreur...
    Je préfère m'arrêter là avant de vous en dire trop. Retenez surtout que Terreur n'est pas une simple histoire de survie et que l'émotion et la tension sont présentes tout au long du roman. Le dépaysement est vraiment total et atteint son paroxysme avec les liens que fait Dan Simmons avec la culture traditionnelle inuit, la mythologie étant particulièrement mise en avant.

   Ne me reste plus qu'à vous souhaiter une bonne lecture!

   

Roman Noir

    


    Il me semble que cette excellente anthologie est l'introduction idéale pour ce blog. Elle rassemble cinq chefs-d'oeuvre du roman noir, encore appelé roman gothique ou roman terrifiant. Attention, "roman gothique" ne veut pas dire que les auteurs sont des adeptes de musique post-punk (non pas que je vous prenne pour des idiots, mais je me méfie des amalgames et des anachronismes particulièrement créatifs dont certains sont capables...). Il s'agit d'un genre littéraire apparu aux XVIIè et XVIIIè siècles, dont un des premiers auteurs a été la géniale Ann Radcliffe. Un de ses romans les plus connus, L'Italien ou le confessionnal des pénitents noirs, est d'ailleurs présent dans l'anthologie.
    Les principaux thèmes abordés par ces auteurs sont la romance (souvent entravée, bien entendu), ainsi que des interrogations sur la mort et la religion, ce qui est très intéressant car les interrogations sur ces sujets étaient relativement peu tolérées tant au XVIIIè qu'au XIXè siècle. Malgré cela, la plupart des auteurs de roman gothique ont obtenu un grand succès. Ils sont en grande partie inspirés par les graveyards poets comme Edward Young ou Thomas Parnell, qui abordaient déjà les thèmes de la mort et de la religion et ont inspiré les romantiques ainsi que les romanciers "noirs" eux-mêmes. Pour anecdote, Emily Brontë aimait ce genre de lecture...
 
  L'anthologie commence bien sûr par une excellente introduction, tout comme celle des ouvrages de cette collection que j'ai eus entre les mains. Elle met non seulement le lecteur en appétit mais présente également le thème de façon très claire, ce qui est vraiment agréable pour rentrer dans le sujet quand on ne le connaît que vaguement - je parle en connaissance de cause, puisque c'était mon cas.
    Le premier roman présenté est Le château d'Otrante, par Horace Walpole, un des textes fondateurs du genre. Ce n'est pas celui qui m'a le plus marqué, mais l'ambiance générale est caractéristique de celle distillée par les bons romans noirs. (Pour preuve, nonnes sanglantes et autres réjouissances sont de la partie; mais je ne vous en dis pas plus...)
    Le deuxième, qui a de loin été un de mes préférés, est l'Italien d'Ann Radcliffe. L'histoire est celle d'un jeune aristocrate italien qui tombe amoureux d'une orpheline issue d'un milieu très modeste, Elena, qu'il continue de fréquenter malgré l'interdiction de sa mère et le comportement menaçant d'un moine plus que douteux. Que dire de plus? Les deux tourtereaux vont se retrouver méchamment persécutés par l'Inquisition, pendant qu'Elena est en plus confrontée à un passé très troublé....
    Cela nous amène à mon second préféré : le Moine, de Matthew Gregory Lewis. On compatit aux malheurs du pauvre moine Ambrosio qui a bien du mal à résister à la tentation... Au fil des pages, nous assistons à sa remise en question de sa foi, et surtout de sa vertu ; il souffre de s'éloigner de la religion mais est irrésistiblement attiré par les ténèbres. Bref, je ne peux pas tout vous raconter. Non pas que le but du roman soit le suspense, mais je n'ai pas envie de vous dévoiler toute l'intrigue au cas où vous voudriez le lire.

    Les deux derniers romans de l'anthologie n'ont pas eu sur moi un effet aussi important que l'Italien et le Moine. Les élixirs du diable est presque décevant pour un roman d'Hoffmann, moi qui avait adoré ses Contes, dont je vous reparlerai certainement plus tard. On retrouve dans ce roman le même thème que dans le Moine de Lewis, à savoir un moine cédant à la tentation, et des ambiances dignes des romans noirs classiques, mais je pense qu'il ne passionnera pas ceux qui ont aimé l'efficacité de ses Contes. Quant à Melmoth ou l'homme errant, je n'en ai pratiquement plus aucun souvenir au moment où j'écris cet article. Préparez-vous donc à des modifications de cet article sous peu, car je compte en reprendre la lecture sous peu. En attendant, ce sera à vous de vous faire une idée par vous-mêmes!

    En résumé, Romans terrifiants est une anthologie que je vous conseille très chaleureusement si vous souhaitez explorer le genre du roman noir, car les romans présentés ici sont de très bons classiques, ou représentants du genre.