14 septembre 2016

J.K. Rowling - Une place à prendre


    Une seule conclusion s'est imposée à mon esprit après la toute dernière page de ce roman frappant: J.K. Rowling aime nous raconter des histoires de chaos. De mauvais génies détruisant des vies. De systèmes qui s'effondrent. Dans cette production qualifiée de satire sociale - et des plus féroces -, pas besoin de mage noir pour faire s'écrouler un monde : les moldus de la petite ville de Pagford s'en sortent très bien.

12 septembre 2016

Retour à la fac... et à la blogosphère



    Non, ce blog n'est pas fermé, malgré mon absence de ces derniers mois... Sans compter que (tenter de) vous communiquer mon enthousiasme pour mes lectures me manquait trop! On enchaîne donc sans plus attendre sur ce qui m'aura fait vibrer depuis... le mois de décembre dernier.

1 décembre 2015

Blackout - Andreas Eschbach

  Il y a des romans qu'on emprunte en prenant tout juste la peine de lire le résumé, parce que le nom de l'auteur nous a fait de l’œil sur les rayonnages de la bibliothèque. Blackout est l'un de ceux-là, puisque si toutes mes lectures d’œuvres d'Andreas Eschbach n'ont pas fait fondre mon cœur de lectrice, cet auteur ne m'a jamais déçue.





Genre : Science-fiction/thriller
349 pages
Traduction : Pascale Hervieux
Parution : septembre 2011



23 novembre 2015

Phobos, t.1 : Les éphémères - Victor Dixen

   Si on m'a déjà fait la remarque que mes lectures pouvaient être peu communes, il y a des fois où, à force de voir un roman ou une série récolter un succès certain auprès d'autres blogueurs, je cède à la curiosité et me plonge dans un de ces sujets de furie collective. Ce fut le cas avec Phobos et si, malgré le nom emprunté à l'une des deux lunes de Mars, il ne s'agit pas d'un coup de foudre total, les bonnes surprises ont été au rendez-vous.





Genre : Dystopie/Thriller
448 pages
Parution : 11 juin 2015
Editions : Robert Laffont


SIX PRÉTENDANTES. SIX PRÉTENDANTS. SIX MINUTES POUR SE RENCONTRER. L’ÉTERNITÉ POUR S'AIMER.

ILS VEULENT MARQUER L'HISTOIRE AVEC UN GRAND H.
Ils sont six filles et six garçons, dans les deux compartiments séparés d'un même vaisseau spatial. Ils ont six minutes chaque semaine pour se séduire et se choisir, sous l’œil des caméras embarquées. Ils sont les prétendants du programme Genesis, l'émission de speed-dating la plus folle de l'Histoire, destinée à créer la première colonie humaine sur Mars.

ELLE VEUT TROUVER L'AMOUR AVEC UN GRAND A.
Léonor, orpheline de dix-huit ans, est l'une des six élues. Elle a signé pour la gloire. Elle a signé pour l'amour. Elle a signé pour un aller sans retour...

MÊME SI LE RÊVE VIRE AU CAUCHEMAR, IL EST TROP TARD POUR REGRETTER.


   Ayant été bien plus séduite par ce roman que je ne m'y attendais, je préfère passer rapidement sur les points négatifs, histoire que nous soyons débarrassés des quelques inconvénients du récit pour nous concentrer sur ce que je trouve toujours plus intéressant dans une chronique : ce qui fait que l'oeuvre nous a plu. S'il n'est pas question de pondre des éloges sur tous les livres que l'on a lus, je ne comprends pas trop la démarche qui consiste à maximiser les mauvais aspects d'un roman au point de le faire passer pour un torchon qu'il n'est pas forcément. Mais peu importe. 
   En ce qui concerne Phobos, j'ai moyennement apprécié les détails scientifiques très vagues, en particuliers ceux concernant la structure de la fusée et son mode de lancement. Je sortais tout juste de l'Odyssée de l'espace, saga dans laquelle non seulement tous ces détails abondent, mais sont en plus présentés de façon plus adaptée à un public adulte possédant au préalable des connaissances de base  en astronautique, ce qui n'est apparemment pas le cas pour les lecteurs de Phobos - du moins d'après l'auteur. Après tout, notre culture est imprégnée de science-fiction, notre culture scientifique est enrichie à travers les cours dès un âge précoce, à tel point qu'il paraît difficilement envisageable qu'un/e adolescent/e d'aujourd'hui n'aie pas la moindre connaissance en sciences. Les schémas explicatifs m'ont paru en ce sens un peu superflus si Phobos s'adresse à un public de jeunes adultes. Il en est évidemment tout autre si cette série se tourne plutôt vers un public beaucoup plus jeune. 

     Voilà pour les quelques aspects qui m'ont rebutée sans pour autant ralentir ma lecture frénétique de ce roman que j'ai englouti en quelques jours. Les dilemmes de Léonor concernant le choix de son partenaire ne sont pas parmi les choses que j'ai trouvées les plus intéressantes dans ce roman, mais là, il ne s'agit que de moi, puisque après tout, il est question pour nos héros de dénicher un partenaire pour le restant de leurs jours. Et les rencontres, qui rythment le roman, deviennent peu à peu assez agréables à suivre : le lecteur se prend au jeu comme les millions de téléspectateurs de Genesis, il est tout autant qu'eux avide de savoir comment les préférences des différents prétendants évoluent. Il était donc nécessaire que la question de qui, entre les six garçons, était le plus attirant aux yeux de notre personnage principal, tienne une place centrale dans le récit.  Ne vous fiez cependant pas à l'accroche un peu trop facile du résumé : Léonor veut bien moins "trouver l'amour avec un grand 'A' " que marquer l'histoire, s'échapper de son enfer à tel point qu'embarquer pour un aller simple sur une autre planète lui paraisse presque aller de soi. 
   Que les réfractaires aux amourettes d'ados se rassurent donc : le point fort de Phobos est qu'il ne se limite pas, et de loin, à cela. Le thriller prend rapidement le pas sur les considérations romantiques des ados ; d'ailleurs, le presque sous-titre "Il est trop tard pour regretter" met, avant même que nous ayons entamé la lecture, l'accent sur les dangers qu'encourent nos innocents apprentis astronautes. Pas de suspense de ce côté-là : l'aventure mise en place par le programme Genesis, la multinationale s'étant offert la NASA, n'est pas le voyage idyllique auquel les spectateurs et les douze jeunes adultes s'attendent. Reste à savoir quelle forme prendra le danger, et je reconnais très volontiers à M. Dixen qu'il a su nous surprendre de ce côté-là. 
    Autre bonne surprise, le rythme est habilement contrôlé par l'alternance de "champs" et "contrechamps". Cette idée de s'approprier le vocabulaire télévisuel ajoute à la sensation que quelque chose se prépare, qui échappe à la compréhension et au contrôle des héros, que le lecteur a, lui, la chance de découvrir au fil des chapitres s'enchaînant habilement. De manière bien pensée, Victor Dixen nous force plus avant à prendre le rôle des téléspectateurs, tout en nous permettant d'entrer dans l'univers de Léonor, sans oublier de n'égrener qu'au compte-goutte les informations cruciales nécessaires à la progression du récit. 

   Phobos est une belle trouvaille qui ne me fera pas regretter mon incursion dans la littérature young adult, que j'ai - peut-être à tort - tendance à négliger. Alterner les points de vue permet au récit de ne pas s'essouffler, ce qui aurait peut-être été le cas avec une présentation des événements du seul point de vue de Léonor. Là, Victor Dixen favorise le lecteur en lui donnant l'accès aux coulisses de l'émission Genesis, à l'envers (très sombre) du décor.
   Un page turner qui m'aura à la fois donné envie de poursuivre la série, mais également de me plonger dans l'univers de cet auteur que je viens seulement de découvrir.

22 novembre 2015

L'Odyssée du temps, t.1 : L’œil du temps - Arthur Clarke et Stephen Baxter

    J'ai commencé à vous parler de ce roman il y a un moment déjà, englouti immédiatement après avoir terminé l'Odyssée de l'espace - une saga plutôt controversée, qui a laissé certains lecteurs  mitigés. Pour ma part, elle restera de ces séries qui vous marquent pour les très bons moments de lecture qu'elles ont représentés. Il semblerait que l'Odyssée du temps suive le même chemin, même si je l'avoue, mon avis est biaisé par le fait que cette trilogie soit le fruit d'une collaboration entre mes deux chouchous, Arthur Clarke et Stephen Baxter





Genre : Science-fiction
Titre original : Time's eye
476 pages
Parution : 2004
Pour la version française : 2010
Traduction : Luc Carissimo
Edition : Bragelonne - Milady





 En un instant, une force inconnue a morcelé la Terre en une mosaïque d'époques, de la préhistoire à l'an 2037. Un gigantesque puzzle qui résume l'évolution de l'espèce humaine. Depuis, des sphères argentées planent sur toute la planète, invulnérables et silencieuses. Ces objets énigmatiques, issus d'une technologie prodigieuse, sont-ils à l'origine de ces bouleversements? La réponse se trouve peut-être dans l'antique cité de Babylone, dont proviennent des signaux radios... Une poignée de cosmonautes et de casques bleus sont jetés dans cette situation incroyable, les uns dans l'armée d'Alexandre le Grand, les autres aux côtés des hordes de Genghis Khan! Tous convergent vers Babylone, déterminés à connaître son secret... et accaparer les pouvoirs qu'elle possède. Mais une puissance mystérieuse observe les deux armées, attendant l'issue de la bataille...

    Le titre de ce premier tome a manifestement été inspiré par un extrait de poème de Rudyard Kipling (l'auteur entre autres du Livre de la jungle), à en juger par la citation présente en guise d'introduction. Mr Kipling qui fait justement partie des guest stars de ce roman, présent dans la région de l'Inde du XIXè siècle. Et puisque nous en sommes à évoquer les célébrités choisies par Clarke et Baxter pour figurer dans cette histoire, retrouver comme promis par le résumé Alexandre le Grand et Genghis Khan a été un assez grand moment et un des points forts de ce récit. Cependant, il aurait peut-être été plus intéressant de ne pas dévoiler dans la quatrième de couverture le fameux face-à-face Khan/Alexandre le Grand qui, dans ce résumé, sonne un peu comme la rencontre entre deux grands méchants de blockbuster hollywoodien. 
     Les époques n'étant pas celles vers lesquelles je tourne généralement mon intérêt, j'ai pu découvrir le mode de vie des mongoles du XIIè siècle en même temps que les Indes du XIXè, tout comme j'ai exploré le monde méditerranéen avec les troupes d'Alexandre le Grand.  Le voyage a été rendu d'autant plus agréable qu'il était parsemé de détails fournis par les recherches de messieurs Baxter et Clarke.
    Outre les figures historiques, l'équipage de la navette Soyouz et les passagers du Little Bird (hélicoptère des casques bleus de 2037) ont à une exception près faits d'excellents compagnons de route à travers l'espace et le temps.  Si j'ai très vite compati aux sorts des américains Bisesa, Casey, et Abdelkadir et de leurs contemporains russes Kolya et Moussa, les excellents pilotes du Soyouz, la troisième passagère de la navette, Zabel, m'a exaspérée depuis le début, et cette impression ne s'est démentie à aucun moment. J'aurais pu détester Genghis Khan, mais c'est elle qui a tenu pour moi le rôle de ce personnage qui nous insupporte dans toutes ses paroles et actions. 

     Outre des personnages auxquels on s'attache très rapidement, parmi lesquels deux femmes-singes qui auraient pu appartenir au clan de notre Guetteur de Lune héros de la première partie de 2001, nombreuses sont les similitudes entre les deux Odyssées. Les deux auteurs décrivent cette Odyssée du temps comme un orthoquel, comprendre : une autre histoire, "qui développe des prémisses similaires dans une autre direction". Comme s'ils avaient voulu tenter une autre version de la saga d'Arthur Clarke. Pari réussi, tant cet Œil du temps reprend les plus brillantes idées de l'Odyssée en les réarrangeant, histoire de nous montrer une fois de plus que les ressources des deux monstres de la SF sont inépuisables. Les mystérieuses sphères planant sur la surface de la Terre, réduite à un patchwork de différentes époques? Elles ne sont que les sœurs des monolithes de la saga d'Arthur Clarke, à ceci près qu'elles paraissent bien plus menaçantes que leurs confrères, parce que bien plus nombreuses. Quant aux mystérieuses entités qui les commandent, nul doute qu'elles sont les mêmes qui ont transformé Dave Bowman à l'issue de son voyage vers Jupiter, bien que leurs intentions soient plus obscures encore...
   Si j'ai eu peur de me retrouver coincée avec un remake raté de l'Odyssée de l'espace en découvrant le résumé, mes appréhensions se sont vite envolées à la lecture de ce roman qui a su me tenir en haleine. Reprendre les grandes idées d'une série aussi importante pour la SF est une tentative très risquée, mais l'Œil du temps se démarque en nous faisant voyager sans ressentir le besoin de nous faire dévorer les millions de kilomètres d'un bout à l'autre du système solaire, Babylone remplaçant Jupiter et son satellite Europe comme lieu central du récit. La désorientation est totale et nous ne pouvons que partager la confusion des personnages, si brutalement confrontés au remaniement sauvage de leur monde. 
   Bien que la fin m'ait laissée un peu perplexe avec son goût de résolution trop simple, je suis curieuse de découvrir la suite de cette saga.